jeudi 27 septembre 2012

Giscours et du Tertre, visite de deux Grands Crus de Margaux


Notre marathon des visites dans le Bordelais en ce jeudi 23 août 2012 s’est poursuivi dans la région de Margaux où deux châteaux appartiennent à l’homme d’affaires de nationalité néerlandaise,  Éric Albada-Jelgersma. C’est grâce à notre rencontre à Las Vegas au printemps dernier avec le directeur général du Château Giscours et Château du Tertre, Monsieur Alexander Van Beek, que nous avons eu le privilège d’être reçus à ces deux propriétés de l’appellation Margaux.  En fait, nous étions au Grand Tasting Tour du Wine Spectator en mai quand nous avons fait un arrêt à la table de Monsieur Van Beek.  Après lui avoir laissé une copie de mon livre et quelques échanges par courriel, nos visites furent confirmées.

L’histoire de deux crus
L’histoire de Giscours remonte aussi loin que le XIVe siècle, mais c’est à partir de 1552 que la maison  « Guyscoutz » fût fondée par un vaste domaine et la plantation des toutes premières vignes, avec l’acquisition de Pierre de Lhomme, un riche drapier bordelais.  C’est cependant au XIXe siècle, sous l’impulsion des Promis, des Pescatore et autres Cruse que Giscours se transforme en palais néoclassique agrémenté d’un parc aux essences rares conçu par le paysagiste Eugène Bülher.  De nombreux propriétaires se succèdent au XXe siècle, jusqu'au rachat de Giscours par Nicolas Tari en 1952.  Ce dernier sera remplacé en 1970 par son fils Pierre qui poursuivra la modernisation.
L'imposant Château Giscours

Au début de l'année 1995, la direction de l'exploitation est assurée par Eric Albada Jelgersma qui a aussitôt investi dans la rénovation du vignoble et des bâtiments d'exploitation. Il s'est entouré d'une équipe renouvelée qui dirige aujourd'hui
Giscours et s'inscrit dans la continuité des générations de viticulteurs qui ont fait de ce domaine un troisième Grand Cru classé de renom. 

L’histoire du Château du Tertre,  situé à Arsac en Gironde, diffère un peu.  Classé cinquième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855,  son histoire débute au moment où Thomas de Montaigne épouse Jacquette d’Arsac et devient en 1590 « seigneur des Maisons Nobles d’Arsac et du Castéra et autres en Médoc ».  Bien que le château lui-même soit construit seulement vers 1736,  plusieurs propriétaires s’y succéderont.  C’est Henri de Koenigswater qui en sera propriétaire au XIXe siècle, alors que le château accède au rang de grand  cru du bordelais. 

En 1925, le château du Tertre est acheté par Achille de Wilde, négociant belge, et conservé dans la famille jusqu'en 1952.  En 1997, Eric Albada Jelgersma rachète ce domaine où il réalise d’importants investissements afin d’en restructurer l’ensemble.

Giscours et ses caractéristiques
Lors de notre passage à Giscours, Michael Sanders sera notre guide pour l’occasion.  Il nous permettra de visiter le cuvier, le chai et nous donnera aussi plusieurs détails concernant l’élaboration des vins. Le vignoble de Giscours est composé de 60 % en Cabernet sauvignon, 32%  de Merlot, 5% de Cabernet Franc et 3 % de Petit Verdot.  Exploité sur un peu plus de 80 hectares de graves réparties sur quatre croupes distinctes, le vignoble sert à produire le grand vin du domaine et son second, La Sirène de Giscours.   
Notre guide m'explique l'importance du choix des barriques

Les vins de Giscours sont vinifiés dans des cuves en inox et en béton.  C’est toutefois à l’assemblage des cépages et dans le choix des tonneliers que l’art de l’élevage va se mettre en œuvre comme se plaît de nous l’indiquer notre guide.   Au moment de notre passage, on était sur le point d’acheminer le millésime 2010 pour la commercialisation suite à sa mise en bouteille en juillet dernier.  En fait, le cahier de charge de l’appellation Margaux autorise la commercialisation à partir du 1er septembre.   Nous avons pu admirer les barriques du 2011 qui se retrouveront en bouteille au courant de l’année prochaine et qui se retrouveront à leur tour sur le marché en septembre 2013.   Près de 1500 barriques du millésime 2011 dorment tranquillement dans le chai.  Le grand vin du domaine séjourne dans du fût de chêne français dont 50% dans du neuf, tandis que le second en utilise seulement 20%, ce qui fait en sorte qu’il y a renouvellement complet des barriques à tous les 4 ans.

Le 2011 n’est pas encore assemblé.  Il repose dans les barriques cépage par cépage et aussi en respectant les différentes parcelles du domaine.  Le choix des tonneliers est une étape aussi très importante en prévision de l’assemblage. 
Dans la salle de dégustation de Giscours

Chez Giscours, comme dans plusieurs propriétés du Médoc, on fait appel à 8 tonneliers avec des chauffes particulières.   Cette sélection est importante afin de favoriser le développement des arômes tertiaires qui vont naître et évoluer dans les barriques et ensuite en bouteilles.
Selon les types de chauffes des différents tonneliers, on obtiendra des arômes fumés, boisés,  grillés, toastés ou même aux parfums de chocolat, de clou de girofle, noix de coco, de cannelle, de torréfaction et autres.   Une équipe de 5 personnes sera impliquée dans l’élaboration du vin et dans son assemblage.   Deux œnologues, le maître de chai, le directeur et le propriétaire auront leur mot à dire dans le produit au final.   L’œnologue du Château Giscours est Éric Boissenot, tandis que Denis Dubourdieu agit comme œnologue et consultant externe.

Lors de notre visite à Giscours, nous avons été en mesure de déguster quelques millésimes du grand vin et son second.  Nous avons dégusté du 2006 et du 1998 de Château Giscours, ainsi que son second, La Sirène de Giscours, soit un 2003 et un 2005. Nous avons également été en mesure de déguster le 2005 du Château Duthil qui est vinifié par l’équipe de Giscours, mais dont le vignoble de 5 hectares est situé sur la commune du Pian Médoc, au coeur de l’appellation Haut-Médoc.  


Une visite écourtée au Château du Tertre

Les vins du Château du Tertre
Enfin, nous avions prévu une visite au Château du Tertre mais notre horaire assez chargé durant cette journée nous obligera à faire une visite beaucoup moins élaboré à cet endroit.  Notre gentille hôtesse nous a guidés, lors d’un tour éclair, dans le vignoble, dans le cuvier et dans les chais, pour ensuite nous amener à l’étape de la dégustation de ce 5e cru classé et son second vin,  soit Les Hauts du Tertre.   Nous avons goûté le Château du Tertre 2006 et son second du millésime 2003.  

Bien que nous ayons apprécié les vins présentés plus tôt au Château Giscours, je dois avouer que le style plus fin des vins du Château du Tertre m’a plu davantage.  Comme on dit, il n’y a pas de mauvais vins, surtout dans le bordelais, il y a simplement des goûts différents.

Nous quittons la région de Margaux et le Château du Tertre vers 15 h 35,  car nous avons un dernier rendez-vous en cette journée du 23 août.  Notre destination finale nous mènera vers la région de Pauillac pour une visite très attendue de Pontet Canet.  Comme le dit si bien l’une de mes bonnes amies, la misère est vraiment optionnelle. 

Nouvelle chronique et concours dans le journal L’Étoile


À compter d’aujourd’hui, je vous invite à surveiller le journal L’Étoile afin de découvrir un nouveau concours et une nouvelle chronique pour une durée de 10 semaines.

En effet, dans les pages de l’édition provinciale vous trouverez un coupon de participation qui pourrait vous donner l’opportunité de gagner l’une des 40 copies du Guide Le Tire-bouchon Griffin 2012, à raison de 4 tirages par semaine.

De plus, dans cahier de votre édition régionale de L’Étoile vous trouverez une nouvelle chronique intitulée Le vin  Étoile de la semaine, soit une suggestion d’un vin que je vous propose et ce pour une période de 10 semaines soit jusqu’au 29 novembre 2012.

Alors, ne tardez pas à consulter votre journal hebdomadaire L’Étoile pour tous les détails du concours et afin de découvrir le vin Étoile de la semaine!



Le guide Griffin 2012, déjà vendu à plus de 1600 copies, est un best-seller indispensable aux amateurs de vins du Nouveau-Brunswick.  Le Tire-bouchon Griffin est le premier et seul guide consacré aux vins à avoir été publié au Nouveau-Brunswick. Vous pouvez acheter votre copie dans l’un des points de ventes suivants :

Librairie Acadienne - Moncton
Librairie Pélagie de Shippagan-Caraquet et Bathurst
Librairie Le Bouquin de Tracadie
Librairie La Grande Ourse - rue Main Moncton
Librairie Matulu Edmundston
Pharmacie Jean Coutu - Campbellton
Pharmacie Jean Coutu - Dieppe
Pharmacie Familiprix - Dégelis
Pharmacie Shoppers - Caraquet
Pharmacie Jean Coutu - Caraquet
Pharmacie Jean Coutu - Grand Sault
Coop de Dieppe
Coopérative de Caraquet
Gabriel Haché Ltée Saint-Isidore
Bijouterie Secret - Tracadie et Caraquet
Notre Marché D. Losier - Saint-Isidore
La Boîte à papier - Saint-Quentin
La Crêpe Bretonne - Paquetville
Métamorphose Coiffure Caraquet

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P.s. il faut être âgé de 18 ans et plus pour participer à la promotion

dimanche 23 septembre 2012

Château Palmer : un troisième cru du Médoc aux allures de premier


Pour notre deuxième journée sur la route des crus de Bordeaux, moi et ma conjointe nous nous dirigeons vers la belle région de Margaux.  Au programme de ce jeudi 23 août, nous avons trois châteaux de cette belle appellation à visiter.  Notre journée s’annonce particulièrement agréable sous ce soleil qui plombe sur ces petites routes de campagne qui nous mèneront à la porte de notre premier arrêt de la journée, au Château Palmer.
Photo: Barbara Lanteigne
Le charme des tourelles du Château Palmer

Classé troisième grand cru dans la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855, le Château Palmer s’impose dans le décor avec grâce avec ses tourelles coniques que l’on aperçoit de « route des châteaux », soit la Départementale n°2.

Un peu d’histoire
Déjà au 18e siècle cette propriété d’une dénommée Madame de Gasq était reconnue pour ses vins.  Il sera revendu en 1814 au général Charles Palmer, qui lui donnera son nom actuel.   Le général devra revendre la propriété dix ans plus tard sous le poids des dettes et les frères Péreire en deviendront les nouveaux propriétaires.  Ils ont fait construire le château en 1856 par un architecte ayant réalisé de nombreux bâtiments à Bordeaux, soit Charles Burguet.   Les frères Isaac et Emile Péreire vont également revendre le Château en 1938 à quatre familles du négoce bordelais qui occupent encore les destinés de Palmer de nos jours.  Ces actionnaires sont les Ginestet, les  Miailhe, les Mähler Besse et les Sichel. 

En 2004, ils ont confié les rênes du Château à Monsieur Thomas Duroux,  originaire du bordelais, un ingénieur agronome âgé alors d'une trentaine d'années. Duroux avait auparavant vinifié en Californie et en Toscane,  dont la fameuse maison Tenuta dell'Ornellaia.   C’est d’ailleurs ce charmant et sympathique directeur général qui va nous accueillir pour une visite de Palmer, que nous couronnerons d’une dégustation.  Je vous propose également de visionner sur You tube une entrevue complète que j’ai réalisée avec Monsieur Duroux.
Thomas Duroux déguste avec Le Tire-bouchon


À la découverte du vignoble
Les introductions étant effectuées en bonne et due forme, Monsieur Duroux nous invitent dès lors à prendre la direction du vignoble,  afin de découvrir ce qui donne à Palmer son terroir particulier.  De plus le domaine a des voisins assez prestigieux, alors que l’on remarque la présence du Châteaux Margaux au nord et Rauzan Ségla de l’autre bord de la D2.   Comme c’est bien connu dans le Médoc, les vignobles qui voient la Gironde ont le privilège de produire habituellement les meilleurs vins.  En élévation sur un plateau de graves,  Palmer a donc les conditions idéales pour que la vigne s’exprime à son mieux.   De plus, certaines portions reposent sur une couche d’argile qui profite aussi à sa position.  La vigne souffre juste assez, sans jamais manquer d’eau en raison de la présence d’une couche argileuse.  Durant notre promenade au vignoble, nous constatons l’important accordée au Merlot dans l’élaboration des vins de Palmer, avec la parcelle de Merlot qui produit le summum de ce cépage en élégance, soit La Chevalière.  Dans le vignoble de Château Palmer,  le merlot occupe une place de choix. Il est planté à proportion égale avec le cabernet sauvignon (47% chacun) et sur certaines des meilleures parcelles de graves.  Le vignoble de Palmer fait 55 hectares en superficie et il d’ailleurs est concentré sur un plateau de grave, pour à peu près une quarantaine d’hectares.  


Des travaux en cours
Comme ça semble la tendance dans le Médoc depuis quelques année et même sur la rive droite du bordelais,  il y a d’importants travaux aux installations du Château Palmer. Le Château Margaux, voisin de Palmer,  s’apprête également à entamer des travaux d’amélioration.  Il faut dire que Cos d’Estournel a donné le ton entre 2006 et 2008 dans le Médoc et les récents travaux des châteaux Cheval Blanc et Faugères dans Saint-Émilion ont aussi attiré l’attention.  Nous avons d’ailleurs été pratiquement les premiers visiteurs à pénétrer dans le nouveau chai de Palmer lors de notre passage en août.   Ces travaux devraient être achevés dans quelques mois selon Monsieur Duroux.  L’ancien et le nouveau chai seront utilisés en alternance pour entreposer les différents millésimes.  Chez Palmer,  le millésime 2012 sera un peu à l’image du 2008 de l’avis de notre guide.  Il y aura possiblement moins de rendement et les vendanges seront retardées de plus de 3 semaines.  Reste à savoir ce que septembre allait réserver à la vigne,  pour en tirer des conclusions plus fiables.


On déguste
Pour la séance de dégustation, Monsieur Duroux nous a donné l’occasion de goûter des échantillons du 2011. Le millésime 2011 de Château Palmer a été très bien reçu par l’événement Primeurs 2011.  Le vin démontre une excellente concentration et des parfums puissants. C’est un vin d’appellation Margaux très expressifs avec la présence de cerise, poivre, tabac et cassis.  2011 restera identifié comme le millésime le plus précoce des années 2000 et aussi la plus petite récolte depuis le légendaire 1961.
Le millésime 2011 repose dans le chai

Pour l’occasion, avons eu droit au grand vin du 2011, mais aussi au second vin du Château, soit l’Alter Ego.  Je dois avouer être moi-même un adepte de ce deuxième vin qui s’illustre à mon avis autant que certains crus classés.  Alter Ego existe officiellement depuis 1998.  Il faut préciser qu’un second vin de Palmer avait été commercialisé à partir du début des années 80 sous le nom de « La Réserve du général ».  En 1998, on le remplaça par l’Alter Ego avec la ferme volonté de produire un second de haut niveau, à l’image du premier. 

Puis,  afin de terminer cette visite,  Monsieur Duroux nous a partagé un échantillon du millésime 2004 des deux vins du domaine, pour nous permettre de faire la comparaison.   D’ailleurs Monsieur Duroux ne se gêne pas pour dire que la presse spécialisée a parfois tendance à condamner certains millésimes, si ce n’est pas attaché à une année dite exceptionnelle.  Pour lui, il ne fait pas de doute que le vrai travail des artisans de la vigne s’exprime lorsque les conditions ne sont pas facile pour la vigne.  Attention, même si c'est une tendance en Amérique du Nord d'accorder de l’importance au nom du winemaker comme signature de certains vins, ici à Palmer,  il n'est pas question de mettre l’homme en avant du Château.   Les hommes sont au service du style préconisé par Palmer, en d'autres mots les hommes passent, mais la signature du Château demeure. 

Bien que le Château Palmer n’est pas ouvert aux visiteurs, on y accueil une quantité importante de professionnels tout au long de l’année.  Le domaine procure du travail à près d’une cinquantaine de personne à plein temps dont 25 personnes aux vignes, 6 au chai et le personnel administratif.  Durant la période des vendanges le nombre d’employés est pratiquement doublé.

Cette visite du Château Palmer ne fait pas de doute, c’est un domaine qui offre des vins de grande classe.  C’est une valeur sûre millésime après millésime, et si l’on devait revoir le classement de 1855 dans le Médoc un bon jour, il ne serait pas étonnant de le voir promu au rang de premier. 

Après notre visite de ce prestigieux Château, nous avons pris la route vers nos prochains rendez-vous, soit le Château Giscours et le Château du Tertre, qui appartiennent à l'homme d'affaires Éric Albada-Jelgersman des Pays-Bas. Avec au programme un 3e et 5e cru classé de l’appellation Margaux pour poursuivre nos visites, ce n’est certainement pas une journée pour se plaindre. 



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vendredi 21 septembre 2012

Mouton Rothschild : Premier je suis, second je fus, Mouton ne change


Lorsque j’ai décidé d’écrire des livres et de partager ma passion des vins, je n’aurais jamais été en mesure de croire ce que j’allais pouvoir vivre le 22 août dernier.  Après avoir visité plus tôt dans la journée mes premiers châteaux portant la mention cru classé du Médoc avec Lascombes et Cos d’Estournel,  je n’aurais pas pu terminer cette journée sur une meilleure note avec le Château Mouton Rothschild.

Il faut d’abord préciser que sur la fin d’après-midi, le soleil plombait avec grâce sur les vignes de cette propriété de Pauillac.  Nous avions été prévenu qu’en raison d’importants travaux au domaine, qu’il ne serait pas faisable d’effectuer une visite, ni même visiter le Musée du vin dans l’art, mais par contre qu’une dégustation était possible.  La propriété est fermée aux visites pour travaux jusqu'en 2013.

L’histoire de Mouton n’est pas commune à titre de cru classé du classement de 1855.
Initialement classé « Deuxième Grand cru classé » en 1855, Mouton Rothschild a été le seul vin à obtenir un rang plus élevé au sein de ce prestigieux classement.  En 1973,  il fut promu au rang de « Premier Grand cru classé » par le Ministère de l'Agriculture.  Depuis ce temps,  il a donc rejoint les 4 autres grands, soit Château Latour,  Château Margaux, Château Haut-Brion et Château Lafite-Rothschild.  C’est aussi en regard de ce changement que sa nouvelle devise a été adoptée soit Premier je suis, second je fus, Mouton ne change.


Des étiquettes et des œuvres d’arts
Propriété de la branche anglaise de la famille Rothschild depuis 1853, avec le baron Nathaniel de Rothschild qui achète aux enchères le Château Brane Mouton à Pauillac, et le renomme Château Mouton Rothschild.  Après son décès en 1870, le Château va demeurer dans la famille, et en 1922, c’est Philippe de Rothschild prend les rênes du domaine. On assiste alors  à la résurrection de Mouton et dès 1924 on assistera à une première dans le bordelais alors que le domaine fera la première mise en bouteille au château.  En 1933 la Société Baron Philippe de Rothschild est fondée.

Puis en 1945, le baron Philippe de Rothschild célèbre la fin de la guerre en décidant d’illustrer l'étiquette de Mouton Rothschild par le V de la Victoire. Celle-ci est dessinée par Philippe Jullian et à chaque année jusqu’en 1954 il fera appel à divers artistes pour orner les étiquettes. Toutefois à partir de 1955, les étiquettes seront réalisées par des artistes majeurs. Ces derniers ne sont pas rémunérés, mais reçoivent du vin de deux millésimes différents, dont celui qu'ils illustrent.  Parmi les grands noms Chagall, Miro, Picasso et même le canadien Riopelle auront cet honneur.  La liste visuelle complète des œuvres est disponible à ce lien.  Il n’y a eu durant toutes ces années que quelques exceptions ou particularités dont celle de 1987 dédié par sa fille Philippine de Rothschild au Baron Philippe, décédé le 20 janvier 1988. Après la mort de son père en 1988, la baronne va d’ailleurs prendre un peu de recul avant de décider d’abandonner toute activité théâtrale de sa carrière pour prendre la tête de la société familiale.  

En plus de l'illustre Château Mouton Rothschild, depuis 1993,  le domaine produit un deuxième vin soit « Le Petit Mouton de Mouton Rothschild ». Ce vin que j’ai eu la chance de goûter dans l’excellent millésime 2005, figure au 18e rang de mon palmarès des vins m’ayant le plus séduit dans mes dégustation en 2010 et 2011.   De plus Mouton Rothschild est aussi derrière les succès du Château Clerc Milon et du Château d'Armailhac.   En plus de ces vins de renom, Mouton Rothschild est aussi à l’origine du célèbre Mouton Cadet. L'année 2010 marquait le 80e anniversaire de ce vin qui est présent dans plus de 150 pays sur la planète.

En préparation de nos papilles
Lors de notre arrivée au centre d’accueil du Château soit le Club Mouton, nous avons été dirigé vers une petite salle ou nous avons été convié à regarder une projection de l’histoire de ce prestigieux domaine.   Une dizaine de minutes plus tard, nous avons retrouvé notre préposée à l’accueil et nous sommes guidé pour une petite ballade à l’extérieur,  afin de mieux comprendre les particularités du vignoble.

Château Mouton Rothschild est au cœur de l'appellation d'origine contrôlée Pauillac. L'encépagement  est composé de cabernet sauvignon (77 %), de cabernet franc (12 %), de merlot (9 %) et petit verdot (2 %). L’assemblage des cépages change en fonction des millésimes. 

Les jardins y sont magnifiques et en se promenant il est possible de s’éduquer un brin puisque des inscriptions identifient certaines portions de vignes avec les noms de cépages en évidence.

Par la suite, nous suivons notre guide vers une vaste salle de dégustation. La grande table en bois est au milieu avec une série de verres.  Au mur, les lumières sont ornées d’un abat-jour en forme de bélier.  Il faut comprendre que l’emblème du Château Mouton est le bélier d'Augsbourg.

Nous voyons la dame apparaître à nouveau avec son lot de bouteilles.  Nous aurons droit à un aperçu du millésime 2011 du Mouton Rothschild et ensuite des échantillons pour le Château Clerc Milon et du Château d'Armailhac pour le même millésime de ces domaines qui appartiennent à la Société Baron Philippe de Rothschild.  Ce moment privilégié a donc conclu notre première journée sur la route des crus de Bordeaux.  
Notre prochaine journée sera la plus chargée du voyage avec quatre visites dont un retour dans l’appellation Margaux pour trois visites.   Suivez notre prochain rendez-vous au Château Palmer avec une entrevue avec le directeur général, Thomas Duroux.






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mardi 18 septembre 2012

Cos d’Estournel : de ses cailloux jusqu’à un grand cru de Saint-Estèphe


Dans le cadre d’une série de textes et d’entrevues réalisées dans la cadre d’un séjour en France du 21 août au 4 septembre, je vous partage aujourd’hui ma rencontre avec un deuxième grand cru du Médoc de l’appellation Saint-Estèphe.  Après avoir visité le Château Lascombes en Margaux dans la matinée, mon itinéraire me dirigeait à 25 kilomètres au nord-est,  pour y découvrir celui qu’on a nommé le Maharadjah du Médoc.
 Le  Maharadjah du Médoc

Il faut comprendre que c’est Louis-Gaspard d'Estournel qui hérita de vignes près du village de Cos en 1811, qui est à l’origine de ce fameux château dont le succès lui permettra des exportations à l’étranger, notamment aux Indes, d’où son surnom. 

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en 1830, il surmonte les chais de pagodes chinoises qui vont perpétuer l'image exotique de Cos.  Toutefois en 1852, criblé de dettes, son propriétaire se doit de vendre le domaine.   Même si le château passe par plusieurs mains durant le 19e siècle, il accèdera néanmoins au classement de 1855 au rang de deuxième grand cru classé, au même titre qu’une autre propriété de la région de St-Estèphe, soit le Château Montrose.

Difficile de manquer sa présence
En circulant sur la D2 il est presque impossible de manquer le Château Cos d’Estournel avec son architecture et son style particulier et sa façade dominée par une porte surmontée par l’inscription Cos d’Estournel, juste au-dessus de l’arche.  Cos signifie en vieux gascon  « la colline de cailloux »  La colline de Cos se dresse sur les rives de la Gironde et sur un impressionnant amoncellement de graves du Quaternaire.   Entre Pauillac et Saint-Estèphe, séparée de Château Lafitte par un ruisseau, la colline de Cos domine la Gironde de près de vingt mètres. 
Photo de Gilbert Martin-Guillou

Le domaine  appartient depuis 2000, à Monsieur Michel Reybier qui s’est investit de la mission de rechercher l’excellence par le travail, et ainsi poursuivre l’œuvre avant-gardiste entamée par Louis Gaspard d’Estournel.  Ce domaine verra d’ailleurs des investissements massifs en 2006,  qui permettra une restauration des bâtiments et ainsi qu’aux pagodes chinoises de retrouver leur aspect original.  Avec l’arrivée du nouveau propriétaire, le vignoble est passé de 54 à 91 hectares de vignes,  et on aura porté une attention sur la refonte de ce dernier. On favorisera donc la typicité des sols adaptées aux cépages, soit le Merlot sur les parcelles de sol argilo-calcaire et le Cabernet sauvignon sur les graves.


L’architecture au service du vin
Durant une petite marche à l’extérieure avec notre guide,  nous admirons les charmes de ce majestueux château avec ses éléphants décoratifs qui ornent les abords du bâtiment.  On a l’impression qu’on a voulu rivaliser avec le Taj Mahal.  Toutefois c’est de l’intérieur que ce temple s’illustre pour sa dévotion au vin.  La configuration des installations de vinification est axée sur la gravité.  Rien n’a été négligé pour s’assurer de la qualité des raisins, que ce soit de la réception en provenance du vignoble jusqu’à son cheminement vers le cuvier.  Ce souci du détail s’exprime jusqu’au chai qui est un véritable hymne à l’art par son ampleur et sa beauté.  Pour réalisé ce chai d’œuvre (chef d’œuvre) c’est l’architecte  Jean-Michel Wilmotte qui a œuvré avec un budget qui aurait dépassé les 30 millions d’euros.  Wilmotte est aussi celui qui a signé les Portes de la Paix à Hiroshima et qui ont été complétées en 2005.  Au Château Cos d’Estournel, la gravité est assurée d’un bout à l’autre de la chaîne d’élaboration du vin avec notamment le remontage qui est pratiquement unique à ce château du Médoc.  Aucune pompe n’est utilisée grâce à un délestage gravitaire avec l’aide de cuves-ascenseurs, une pièce maîtresse de cette façon de faire. 
L'oeuvre de  Jean-Michel Wilmotte 

Le cuvier est pour sa part constitué de 72 cuves qui représentent les 72 parcelles du domaine.  Les vendanges sont donc effectuées en tenant compte des parcelles et dont les raisins seront envoyés vers les cuves appropriées dont la capacité varie de 19 à 115 hectolitres.   Le processus de fermentation a une durée de 10 jours et les remontages vont se faire à raison de 2 fois par jour sur chaque cuve durant cette période. Entre la période des vendanges et la mise en barrique il va s’écouler de deux à trois mois.


La patience est de mise pour profiter de ces belles bouteilles
Chez Cos d’Estournel comme la majorité des crus du Médoc,  les vendanges sont fait manuellement.   L'assemblage de Cos varie selon les années et le domaine produit en moyenne 300 000 bouteilles par année.   Le premier vin va séjourner en barrique neuve à 80% pour une période de 18 mois et le second pour près de 15 mois à 50% de barriques neuves.  On remplace les barriques à toutes les deux années et la capacité du cahi est de 2500 barriques.  Lors de notre passage il y avait 1250 barriques du millésime 2011 dans le chai.

Voisin direct de Château Lafite-Rothshild en Pauillac,  Cos d’Estournel conçoit des vins  au potentiel de longévité exceptionnel.  L’âge moyen des vignes est de trente cinq ans et seuls les plants de plus de vingt ans seront utilisés pour le premier vin.  Le second vin nommé Les Pagodes de Cos est issu pour sa part de vignes de moins d’une vingtaine d’années.
Une dégustation du millésime 2007

Lors de notre visite, nous avons été en mesure de déguster le grand vin et son second, tous deux du millésime 2007.  Le grand vin est composé à 85% Cabernet Sauvignon, 3% Cabernet Franc et 12% Merlot.  En bouche c’est un vin offrant beaucoup de volume et de matière. Riche et concentré, le vin démontre une structure solide appuyé par des tannins généreux et marqués par une texture séduisante.  C’est un vin qui va se dévoiler davantage avec les années,  donc il est nécessaire de faire preuve de patience.


Nous avons eu la chance de visiter le caveau du château qui est une collection de bouteilles de plusieurs millésimes au courant de l’histoire du château.  Plusieurs années manquent à la collection parce que les vins ont été bus ou détruits en raison des guerres, de vols, etc. 1865 est le plus ancien millésime que l’on retrouve dans ce caveau. À chaque période de 20 ans, on ouvre les bouteilles pour changer les bouchons et combler le vide laissé par la part des anges avec une bouteille du même millésime que l’on utilise dans le but de mettre les bouteilles de la même année à niveau, et aussi voir l’évolution sur le plan gustatif.

Cos d’Estournel est sans l’ombre d’un doute un joyau du Médoc.  C’est un vin qui se démarque par sa constance.  Le millésime 2009 du premier vin a obtenu la note parfaite de 100 points par le gourou du vin, Robert Parker.  Le travail du propriétaire Michel Reybier et du vinificateur Jean-Guillaume Prats est immortalisé dans ce millésime qui devrait vieillir sans effort pour un demi-siècle d’après le célèbre critique américain.
De cette colline de cailloux, la vigne et le savoir-faire de l’homme se sont fait complice de la naissance d’un vin porté au rang des plus grands crus de Bordeaux.

Pour notre prochain rendez-vous, nous vous partagerons les secrets d’un premier grand cru classé avec notre visite à Château Mouton Rothschild à quelques minutes de marche de Cos d’Estournel.  Avec les vins que nous avons eu la chance de goûter, nous ferons assurément des jaloux, et nous nous en excusons à l’avance…  

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lundi 17 septembre 2012

Château Lascombes : au pays des vins les plus féminins du Médoc

Après avoir visité une centaine de vignobles au Canada et une cinquantaine en Californie, l’année 2012 était destinée à réaliser un grand rêve, soit de parcourir le vignoble bordelais en France.  Du 21 août au 4 septembre, moi et ma conjointe avons donc fait le tour de plus d’une vingtaine de châteaux dont plusieurs crus du Médoc et de Saint-Émilion.


Profitant de la présence de famille dans la région de Castelnau-de-Médoc et de la location d’une voiture, nous avons été en mesure de parcourir ce magnifique terroir en débutant nos visites par le
Château Lascombes au cœur de l’appellation Margaux.  

Situé sur les communes d’Arsac, Cantenac, Labarde, Margaux et Soussans, cette appellation prestigieuse est constituée de vingt-et-un châteaux, soit le plus grand nombre de crus classés du Médoc, en vertu du classement de 1855.  Nous aurons d’ailleurs visité six de ces châteaux durant notre séjour.  Château Lascombes figure à titre de second cru classé au sein de la commune de Margaux, qui abrite à elle seule neuf crus.  


La visite débute 
Dès 10 heures le matin la responsable des visites, Anaïs Lafourcade nous dirige vers le vignoble afin de nous faire prendre connaissance des particularités de ce sol qui permet aux vins de Margaux de recevoir cette signature qui caractérise les vins de l’appellation, comme étant les plus féminins du Médoc au niveau gustatif.

La propriété de Lascombes figure parmi les plus vastes de l’appellation avec 118 hectares en Margaux, ce qui représente 12% de l’appellation, soit la plus vaste de celle-ci   Ce château ayant conservé le nom de son premier propriétaire, Antoine de Lascombes né en 1625, celui-ci est passé entre plusieurs mains au fil des siècles. En 2001 le groupe américain Colony Capital rachète le domaine des mains du brasseur anglais Bass-Charrington qui l’avait acheté d’Alexis Lichine en 1971.



À partir de ce moment, un vaste programme d’améliorations est entamé.  De plus l’œnologue Michel Rolland va agir à titre de consultant dans ce renouveau visé par l’arrivée des nouveaux propriétaires.  D’ailleurs encore aujourd’hui, il visite le domaine de 6 à 7 fois par année, notamment pour l’assemblage et le dévoilement des primeurs.


En 2001 également, Dominique Befve obtient alors le poste de Directeur général, afin de permettre au château de retrouver ses lettres de noblesse et retrouver l’âme et le prestige de son rang de second cru classé.  Une étude pédologique va conduire à quelques modifications du vignoble, alors que 12 hectares de cabernet sauvignon seront arrachées et du merlot y sera planté à sa place.  L’encépagement de Lascombes est constitué de 50% de Merlot, 45% de Cabernet sauvignon et 5% de Petit verdot. Cette  domination peu commune du Merlot est d’ailleurs plutôt rare dans le Médoc. On a également fait l’expérience d’y cultiver un peu de Cabernet franc depuis 2011, et que l’on pourra récolter dans 5 ans.  


2012 un millésime pas facile
Sous ce soleil radieux de ce mercredi, notre guide porte notre attention sur les raisins. D’après notre guide, le millésime 2012 n’est pas encore joué,  mais les rendements devraient être moindres avec la présence de coulure (ce qui empêche la fécondation des fleurs et donc la mise à fruits) due principalement à un mois de juin 2012 maussade et froid durant la floraison.  Il faudra donc une fois de plus mettre à profit l’expertise des artisans du château, pour tirer le meilleur de la récolte dont les vendanges se feront un peu plus tard en saison soit vers la fin septembre, début octobre.


Les installations techniques
Nous nous dirigeons ensuite vers le cuvier et la réception des raisins.  Il faut préciser que les vendanges sont effectuées manuellement et récoltées en cagettes de 10 kg avec double tri.  Après macération à froid, la vinification est effectuée en cuves inox et en bois, le tout thermorégulé pendant 30 à 40 jours.  Après une fermentation malolactique, le vin est ensuite élevé sur lies pendant 4 mois.  Pour alléger cette tâche et enrayer les risques d’oxydation, les barriques sont disposées sur des supports (des tins) OXOline qui permettent leur rotation régulière pour garder les lies en suspension. Ce permet d’obtenir plus de matière et une texture plus grasse dans le vin. Après l’étape de l’élevage sur lies, on procède à l’assemblage par gravité.

Le grand vin de Château Lascombes ainsi que le second vin, le Chevalier de Lascombes, sont élevés en barriques française pendant dix-huit à vingt mois. Le domaine s’assure de la qualité de ses fûts de chêne en s’assurant les services de près de 8 tonneliers différents avec un niveau de chauffe moyenne.
Dès notre entrée dans le chai, l’éclairage de cette lumière bleuté digne d’une boîte de nuit, apporte d’ailleurs un regard quasiment ésotérique sur ces belles barriques qui servent présentement au vieillissement des cuvées du 2011.  La mise en bouteille aura lieu seulement en 2013.


2011 : millésime sous-estimé
Après avoir vu toutes les facettes techniques menant à l’élevage du vin de ce château, nous sommes invité ensuite à nous diriger vers la salle de dégustation pour une dégustation des produits de Lascombes.  Une première pour moi et ma conjointe alors que nous avons l’opportunité de goûter individuellement les cépages du 2011 en provenance des barriques.    Le Merlot, le Cabernet sauvignon et le Petit Verdot se retrouvent un à un dans des verres distinct avant d’avoir droit au produit assemblé.  Avec étonnement, nous nous retrouvons en présence d’un 2011 bien mieux qu’en avait dépeint la presse spécialisée.  Moins de rendement que les exceptionnels 2009 et 2010, mais un beau potentiel d’un millésime technique.  Durant nos différentes visites dans le Médoc nous aurons la chance de goûter à plusieurs de ces 2011 et le même constat viendra se confirmer sur nos papilles.

Vin féminin mais pas moumoune 
Les vins de l’appellation Margaux se distinguent par la typicité de leur finesse ce qui lui confère le titre des vins les plus féminins du Médoc.  Attention cependant,  on ne parle pas d’un vin moumoune, car on est en présence d’un produit de longue garde, puissant, tannique, mais aussi appuyé par l’élégance et la finesse de ce terroir exceptionnel.   La production annuelle moyenne du Château Lascombes est de 300 000 bouteilles.

Voilà nous avons brisé la glace pour cette série de textes et de reportages traitant de nos visites dans Bordeaux.Notre prochain rendez-vous nous amènera à 25 kilomètres plus au nord de Margaux, alors que nous vous présenterons le Château Cos d’Estournel.


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