samedi 31 juillet 2010

Le rêve d’un grand vignoble canadien signé Mission Hill.

Lorsque je me suis dirigé vers Westbank le jeudi 24 juin dernier, j’avais déjà effectué près d’une trentaine de visites d’entreprises vinicoles. De plus j’avais probablement dégusté une bonne centaine d’échantillons de vins de ces « wineries ». J’attendais la fin de mon périple dans l’Okanagan avant de faire mon entrée chez Mission Hill Family Estate. C’est un peu comme se garder les smarties rouges pour la fin. En d’autres mots, cela aurait été un peu au détriment des autres établissements, car Mission Hill possède un statut qu’il est difficile d’égaler au niveau des « wineries » au Canada.

Établit depuis 1981 Mission Hill est la propriété du richissime homme d’affaires, Anthony van Mandl. Ce dernier avait un rêve, soit celui de bâtir un domaine qui produirait des vins de niveau international tout en devenant un pionnier dans son pays, un peu à la manière de Robert Mondavi aux États-Unis. D’ailleurs le style des bâtiments du site de Mission emprunte son architecture au réputé domaine de Mondavi de la Californie.

Lors de notre passage à Mission Hill nous avions décidé, moi et ma conjointe, d’arriver plus tôt afin de prendre un lunch au restaurant sur la terrasse qui donne sur une vue magnifique du lac Okanagan avec sa position en élévation. Avec notre repas nous avions opté pour un menu de dégustation avec le vin. Pour accompagner mon repas, une sélection des meilleurs vins blancs du domaine dont le Five Vineyards Chardonnay, le SLC Sauvignon Sémillon et le Perpetua (le chardonnay haut de gamme de Mission Hill). Pour ma conjointe, une verticale d’Oculus soit un 2004, un 2005 et le 2006 avec son canard. Un délectable moment pour nos papilles gustatives et dont le souvenir va demeurer encré dans nos mémoires pour longtemps.

Vers 14 h, nous nous apprêtions à nous diriger vers notre rendez-vous, lorsque sur notre chemin nous avons croisé Mike Lee l’un des sommeliers de Mission Hill. L’homme a l’accent british s’est toute suite empressée de nous proposer une petite marche autour du domaine, ce qui n’était pas de refus après un tel festin.

Mike nous a entrainé vers la tour du domaine (d’une hauteur de 12 étages) où se trouve au sommet quatre cloches fabriqués à la main et provenant de la Fonderie Paccard d’Annecy en France. Chaque cloche est dédié à un membre de la famille immédiate d’Anthony von Mandl, soit son père, sa mère, sa sœur et lui-même. La compagnie Paccard a produit plus de 100 000 cloches au courant de son histoire et c’est la première fois que l’on retrouve l’une de ses cloches au sommet d’une « winerie ». Les cloches résonnent à chaque heure sur le site de Mission Hill, ainsi que pour marquer la demie de l’heure.

Nous avons ensuite emprunté un escalier se dirigeant plus bas et fermé au public, alors que les portes du cellier de style bordelais se sont ouvertes devant nos yeux en état d’émerveillement. Sous terre l’immense cave permet d’entreposer le vin du domaine. Des centaines de barriques entières de vins reposent sous les pieds des touristes qui s’arrêtent plus haut afin d’admirer le clocher. D’ailleurs le nom du vin l’Oculus tire son nom d’une ouverture pratiquée sur un comble de voûte comme en trouve au centre de nombreuses coupoles dans des basiliques que l’on nomme Oculus. Ce faisceau de lumière est présent à Mission Hill et donne donc dans le cellier du domaine.

Une autre curiosité attire l’attention dans cette cave et c’est cet espace réservé au propriétaire qui sert à exposer sa collection de vases anciens et sa réserve personnelle de vin. Quelques spécimens de vases datent de plusieurs millénaires. Le tout est évidemment entouré d’un grillage dont le proprio détient les clés d’accès.
Une autre porte mène vers une salle utilisée pour des réceptions au domaine et dans laquelle est en évidence une majestueuse tapisserie du peintre Marc Chagall et un piano ayant été offert par le pianiste de renom David Foster signé par près de 60 artistes. Par la suite, notre sommelier nous a convié dans une petite salle privée où nous avons pu déguster paisiblement les meilleurs vins de Mission Hill.

Évidemment nous avions triché un brin avec notre dégustation au restaurant, mais nous ne pouvions nous empêcher de répéter ce plaisir. Que dire du savoureux et riche Merlot Small Lot Collection de Mission Hill, un vin qui redonne au cépage ses lettres de noblesse. Nous avons aussi été en mesure de déguster le Compendium qui se veut un produit haut de gamme qui pourrait devenir le second vin phare du domaine, soit l’Oculus. Le Compendium est un mélange de style bordelais soit 52% Merlot, 19% Cabernet Sauvignon, 19% Cabernet Franc et 10% Petit Verdot. Les raisins proviennent des parcelles du domaine situées dans la région d’Oliver et d’Osoyoos. Un vin élégant et complexe qui a déjà obtenu sa médaille d’or du Canadian Wine Award en 2009 pour son premier millésime sur le marché.

Mission Hill s’est vu transformé avec l’injection de plus de 30 millions de dollars dans les dernières années, mais ce n’est qu’une étape si l’on tient compte des projets que visent Monsieur von Mandl, car il a déjà produit la maquette d’un ajout de plusieurs millions qu’il entend injecté dans les 10 prochaines années afin de doter le domaine d’un spa et d’un complexe hôtelier luxueux qui se grefferait à la montagne. Si celui-ci obtient l’aval du voisinage, il pourrait donc amorcer les travaux dès 2011.

Décidemment Mission Hill se confirme comme un domaine de rêve qui se concrétise dans la réalité du décor viticole du Canada. Si vous n’avez jamais osé goûter un vin canadien, c’est que vous vous privez d’un plaisir que vous voudrez renouveler sur une base régulière. Osez dès que vous le pourrez…

jeudi 29 juillet 2010

Des vignerons de passion chez Stag’s Hollow et les autres

La culture des vignes est en effervescence au Canada. Depuis le début des années 90 le nombre de producteurs n’a cessé de croître et c’est particulièrement plus évident en Colombie-Britannique alors que l’on compte plus de 192 « wineries » en 2010, alors qu’il n’y en avait qu’une poignée soit environ 17 en 1990. Lors de mon séjour dans l’Okanagan j’en ai visité près de 45 de ces établissements et si l’on tient compte de la superficie des vignobles seul Jackson-Triggs Okanagan Estate et Mission Hill Family Estate ont de larges propriétés avec plus de 400 hectares de vignes. La majorité des autres « wineries » visitées avaient moins de 100 hectares. Peller Estate (95 hectares), Sandhill (91,9 hectares), Mont Boucherie (71 hectares), Quail’s Gate (70,8 hectares) et Cedar Creek (68 hectares) figurent dans les entreprises majeures à ce chapitre.


Plusieurs domaines achètent aussi leurs raisins de producteurs qui cultivent seulement le fruit de la vigne. Plusieurs domaines sont des entreprises familiales qui exploitent de petites parcelles et qui offrent tout de même des vins de qualité qui sont écoulés bien souvent à la propriété ou alors auprès de restaurateurs de la Colombie-Britannique qui s’approvisionnent de ces vins uniques. Parmi les plus petits vignobles exploités dans l’Okanagan, j’ai eu la chance de visiter Black Widow winery, Cassini Cellars Tangled Wines Estate winery, Ex Nihilo, Bonistas Family Estate Winery, Twisted Tree Vineyards & Winery, Sonoran Estate Winery et Stag’s Hollow. Ces propriétés possèdent moins de 7 hectares de vignes chacune et ne produisent pas plus de 6000 caisses de vin individuellement.

Néanmoins, c’est dans ces domaines que l’on y retrouve une passion hors du commun pour les vins qui émanent de ces propriétés et c’est aussi à travers ces gens dédiés à la terre que l’on a des opportunités de découvrir un peu plus comment s’effectue le travail de la vigne jusqu’à la mise en bouteille. C’est d’ailleurs lors de ma visite chez Stag’s Hollow Winery & Vineyards dans le secteur d’Okanagan Falls que j’ai fait la rencontre de vignerons généreux et accueillant comme Larry Gerelus et sa conjointe Linda Pruegger.

Malgré le fait que j’étais un peu bousculé par le temps dans mon horaire, j’ai eu droit à une visite mémorable avec ma conjointe. Larry un ancien travailleur dans le domaine du pétrole en Alberta a décidé de quitter sa tour à bureau tôt dans la quarantaine pour faire l’acquisition de cette terre et de se consacrer à l’aventure du vin. De la charmante petite boutique où les clients viennent déguster ses vins, il m’a offert le tour du propriétaire et m’a expliquer les différentes embûches rencontrés sans oublier l’histoire derrières chacune des variétés cultivées dans son vignoble. Nous nous sommes dirigé également vers ses nouvelles installations de vinification qu’il a mis en opération en 2006 et dont les résultats ont été commercialisés en 2008. Dans la section du bâtiment consacrée à l’entreposage et le vieillissement des vins du domaine, nous avons eu le plaisir de déguster les vins à partir des barriques. Armé de sa pipette, Larry nous a généreusement servit ses vins rouges comme le Merlot, le Pinot Noir, le Cabernet Franc et la Syrah.

Il est évident qu’après une telle visite, je n’ai pu résister à la tentation d’acheter quelques bouteilles malgré l’espace restreint de mes bagages pour le retour en avion. C’est cet amour de la vigne qui émane de chaque bouteille qui me viendra à l’esprit lorsque je vais ouvrir l’une d’elles dans quelques années. Stag’s Hollow Winery & Vineyards (ne pas confondre avec Stag Hollow de l’Orégon) produit environ 5800 caisses de vin annuellement et sur les 6 vins soumis au Canadian Wine Award en 2009, le domaine a récolté 1 médaille d’or et 4 de bronze ce qui lui confère le 18e rang au classement canadien des « wineries » alors que plusieurs propriétés ont soumis le double et le triple de produits. À preuve que c’est souvent dans les plus petits pots que l’on trouve les meilleurs onguents, et comme quoi cette réalité colle à merveille à celle de Stag’s Hollow et de plusieurs autres producteurs dans l’OKanagan.

Sources : Tous les chiffres concernant le nombre d’hectares et le nombre de caisses produites ont été puisés dans l’édition 2010 du Canadian Wine annual du Wine Access magazine.

mercredi 28 juillet 2010

Rencontre avec Derek Kontkanen, un winemaker chez Jackson-Triggs

Durant ce bref séjour près d’Oliver dans le sud de l’Okanagan, je m’étais assuré de prendre rendez-vous chez Jackson-Triggs Okanagan Estate qui m’avait été recommandé par un ami sommelier. Grâce à quelques contacts dans le monde du vin au Nouveau-Brunswick, j’ai été en mesure d’être reçu par le « winemaker » des vins blancs et vins de glace de l’entreprise soit Derek Kontkanen. Ce gradué de la cuvée 1997 du Cool Climate Oenology and Viticulture Institute (CCOVI) de Brock University, de Sainte-Catherine en Ontario a œuvré dans sa région natale de l’Ontario avant d’être embauché en 2004 par Jackson-Triggs en 2004 où il a été encadré par le « winemaker » de renom Bruce Nicholson, avant d’être promu « winemaker » lui-même en 2007.  Si Derek s'occupe des blancs, les rouges sont par contre l'affaire de Brooke Blair.
Lors de mon passage chez Jackson-Triggs, Derek nous a fait visiter les imposantes installations de domaine de l’Okanagan qui est beaucoup plus vaste que celui de l’Ontario. Notre « winemaker » n’a pas manqué l’occasion également de nous parler de la mise à jour de l’étiquetage. Pour mieux distinguer ses vins et pour éviter la confusion entourant les vins qui ne sont pas des vins de VQA (Vintners Quality Alliance), la compagnie a décidé de mieux catégoriser ses produits avec un étiquetage par gamme de prix et de couleur d’étiquette différentes.
Les vins n’étant pas certifié VQA et qui portaient l’identification Proprietors’ Selection, seront commercialisés sous le nom Unity et assortis d’une étiquette blanche. Ces vins sont généralement sous la barre des 10 dollars. De plus sous le nom du cépage la mention suivante sera présente soit « The wine is a blend of international and Canadian wine. » Ce qui signifie que ce vin est un mélange de vins étrangers et du Canada, une mention qui sera aussi sur l’étiquette à l’endos de la bouteille.
Le vins de VQA porteront une étiquette noire pour la gamme des vins de 10 à 15 dollars connue auparavant comme la gamme Proprietors’ Reserve.
Une étiquette argent va maintenant identifier des vins VQA de 15 à 20 dollars qui étaient commercialisé sous la mention Proprietors’ Reserve et Grand Reserve. En les regroupant sous une bannière unique cela va aussi diminuer le nombre de produits de 44 à 29.
Par ailleurs, pour les vins de plus haut niveau VQA l’étiquette or permettra désormais de désigner les vins de plus de 20 dollars et on utilisera aussi la désignation Sunrock pour identifier les vins rouges les plus prestigieux du domaine, qui étaient habituellement commercialisés avec une étiquette noire avec les lettres SunRock Vineyard de couleur or.
Notre visite a été ponctuée d’informations pertinentes, mais l’aspect de la dégustation avec notre « winemaker » spécialiste des blancs et des Icewine, s’est également avéré une expérience tout à fait unique. Malheureusement, nous n’avons pas la chance de pouvoir acheter la majorité des bouteilles produites chez Jackson-Triggs de l’Okanagan, car ce sont davantage des vins des installations ontariennes qui sont acheminés dans l’Est du pays à part quelques exceptions..
Nos papilles gustatives garderont notamment un doux souvenir du délectable Riesling Icewine et de cette visite, surtout avec Derek soit celui qui appose sa signature et sa touche personnelle à ces vins de Jackson-Triggs dans l'Okanagan. Lors de mon prochain billet de voyage, je vous propose une incursion dans les plus petits vignobles de l’Okanagan. Vous verrez les petits peuvent faire de grands vins…

mardi 27 juillet 2010

Olivier : Capitale du vin au Canada

L’Okanagan est une grande région à couvrir pour ceux et celles qui veulent parcourir cette région viticole en entier. Lors de mon séjour à Kelowna, j’ai pu visiter le nord de la vallée à ma guise, mais la distance avec le sud m’a forcé à passer une nuit dans la région d’Osoyoos afin d’être en mesure de réduire les déplacements afin de faire mes visites dans ce secteur. En fait mon hébergement à Kelowna étant à près de deux heures de route du point le plus loin au sud de l’Okanagan, il était donc sage de prendre cette décision pour une nuit.


Osoyoos est gravé dans mon cœur, puisque j’ai fait la découverte de plusieurs bons vins. C’est aussi lors de mon passage dans le sud de l’Okanagan qu’il m’a été possible de visiter la charmante localité d’Oliver qui est considéré comme la Capitale du vin au Canada. Il faut dire que le nombre de domaine est aussi digne de mention avec plus d’une vingtaine parmi les plus prestigieux.

La ville d’Oliver ne dépasse pas 5000 habitants et elle est située à peine à 33 km au sud de Penticton et 19 km au nord d’Osoyoos. Le paysage est unique avec son décor semi-aride de rochers dénudés d’arbres et ces montagnes qui bordent cette allée de verdure où les vignes se démarquent avec la culture des fruits. La ville d’Oliver accueille plus de 100 000 touristes annuellement dont plusieurs y viennent pour découvrir les vins fabuleux produits dans cette portion de l’Okanagan. Les noms de Jackson-Triggs, Inniskillin, Road 13, le Vieux Pin, Tinhorn et Burrowing Owl sont des endroits qui attirent les amateurs de vin qui partent parfois de Vancouver ou Calgary pour faire leurs provisions.

Dans les vignobles et les entreprises de culture des fruits, plusieurs travailleurs rencontrés proviennent du Québec. Des jeunes pour la plupart qui ont décidé d’explorer l’ouest canadien en se trouvant un travail qui leur permet d’étirer leur présence et apprendre la langue de Shakespeare. J’ai même rencontré un jeune homme de la famille Pelletier provenant de la région d’Edmundston chez Stag’s Hollow près de Okanagan Falls.

Notre passage à Oliver coïncidait peu de temps après le glissement de terrain ayant causé d’importants dommage à des propriétés et détruit quelques maisons près du secteur de la route 13 et ayant même ensevelit l’autoroute 97 sur plusieurs mètres. Heureusement aucune perte de vie humaine n’a été signalée et c’est un peu par miracle. Cette région de l’Okanagan est fortement populaire avec le secteur de Black sage Road. Cette route aussi appelé 71 st Street sillonne l’arrière-pays d’Oliver sur une distance de 30 km ou le décor fabuleux des différentes propriétés viticoles parsème le trajet. Ce secteur offre une qualité de terre favorable à la maturation d’une grande variété de raisins destinés aux vins rouges. Son exposition au soleil à partir du milieu de matinée jusqu’à tard en fin de journée offre de bonnes conditions et même davantage que les propriétés situés sur le tout aussi réputé Golden Mile, localisé sur le côté Ouest de la vallée. Plusieurs propriétés du nord de l’Okanagan possèdent des lots de terres dans cette région pour cultiver les raisins des vins rouges, comme c’est le cas de Sumac Ridge. Cette maison produit notamment un fabuleux Meritage portant la désignation Black Sage, car elle y exploite 115 acres dans ce secteur.


En me promenant dans ce secteur, j’ai fait quelques arrêts dont Desert Hills Estate Winery, Quinta Ferreira Estate, Le Vieux Pin et le très splendide Burrowing Owl Estate Winery. Nous avons d’ailleurs été subjugué par les lieux et nous avons profité de cette vue sur la vallée pour faire un pique-nique et siroter une bonne bouteille de pinot gris sous le soleil. Il faut préciser que Burrowing Owl possède également l’une des bonnes tables de la région avec son restaurant The Sonora Room. Le domaine tire son nom de la la chouette des terriers présente dans cette région et qui est menacée. D’ailleurs les frais minimes de dégustation requis pour goûter les vins de ce producteur du sud de l’Okanagan sont distribués à un programme de rétablissement de la faune sauvage.

Bref, la région d’Oliver s’impose comme un incontournable de l’Okanagan. Prendre le temps de se balader dans les routes de l’arrière-pays de cette région vous permettra de faire des découvertes inespérées. Dans mon prochain billet sur l’Okanagan je vous parlerais d’une rencontre avec Derek Kontkanen, winemaker de Jackson-Triggs Estate Okanagan, une propriété du groupe Vincor.

vendredi 23 juillet 2010

Déjà BU: Du jamais vu au Nord-Est du Nouveau-Brunswick

Comme je l’écrivais récemment dans mon article précédent sur Caraquet, la petite ville de la Péninsule acadienne s’impose de plus en plus comme une destination gastronomique. Le plus récent venu dans le monde de la restauration à Caraquet est le restau bar à vin le Déjà BU du sommelier Robert Noël, un ami personnel, qui a décidé de concrétiser son rêve d’entrepreneur.

Si plusieurs s’attendaient à une ouverture en juin dernier, il aura fallut attendre la mi-juillet avant de pouvoir découvrir le décor de ce nouveau restaurant.  Le propriétaire originaire de Lamèque a voulu ainsi créer une ambiance unique.  Comme c’est souvent le cas dans le domaine de la construction, il faut parfois repousser des délais lorsque survient l’étape de la finition. Le moins qu’on puisse dire, l’attente en valait la peine car le coup d’œil est impressionnant.

Le Déjà BU n’est pas seulement attirant visuellement, il espère séduire avec de bonnes choses.  Les amateurs de bonne bouffe seront comblés avec un menu dont les prix varient de 4 à 29 dollars par item au chapitre de la nourriture.  La carte des vins n’est pas en reste avec ce spécialiste des bonnes expériences gustatives, avec plus d’une centaine de vins sur la carte dont une dizaine de choix au verre.  Cette carte des vins et ce menu représente une variété jamais vu dans le Nord-Est du Nouveau-Brunswick. Au Déjà BU, on est en mesure de conseiller le client en lui suggérant un accord mets et vin au besoin.  On y sert non seulement du vin, il y aura aussi près d’une vingtaine de bières différentes et des cocktails et martinis seront aussi offerts. 

La carte des vins est très bien structurée et surtout accessible à tous les goûts et tous les coûts.   Que ce soit pour son large éventail de bouteilles de vins à moins de 40 dollars dans différentes variétés, il y a aussi des vins plus spécialisés comme un Pinot Noir du Canada soit Le Grand Clos du Clos Jordanne et même un Angélus 2005 de Bordeaux soit un Premier Grand Cru Classé.

Le restaurant est doté d’une cinquantaine de places dont la moitié disponible sur réservation.  On offre aussi la possibilité de prendre son repas au bar majestueux avec vue sur la cuisine,  car le tout est présenté dans un concept ouvert.  Une vingtaine de places permettront aussi aux clients de siroter leur vin et manger leur repas tout en ayant le privilège d’avoir une vue magnifique sur la Baie de Caraquet.

Le menu de nourriture est également particulier avec les différentes créations suggérées par le proprio.  Ayant moi-même été convié à prendre part à une séance d’essai de la cuisine le vendredi 16 juillet dernier, j’ai été à même de tomber sous le charme des saveurs et des textures des mets présentés.  La fameuse poutine aux palourdes avec des frites cuitent dans le gras de canard était un festin en lui-même, sans oublier le pâté chinois concocté avec une épaule d’agneau braisé, légumes, sauce au vin rouge et patate écrasée, le tout gratiné au four.   

Ouvert du mercredi au dimanche, le Déjà BU sera consacré aux repas du soir seulement mais à la demande il pourrait aussi offrir un repas le midi pour des groupes de 10 et plus dans un choix de menu spécifique.  Le proprio n’est pas à court d’ambition,  car il a aussi prévu offrir des cours de cuisine avec l’Atelier de cuisine et vin l’apprenti.  Il fera également un service de traiteur pour des réceptions comme des mariages,  des banquets,  soirées entre amis ou événements corporatifs.

Le Déjà BU est ouvert et au-delà de l’effet de curiosité du public, il y a fort à parier que ce restaurant va s’implanter rapidement comme un incontournable des plaisirs gourmands dans le Nord-Est.   Les épicuriens de tout acabit auront donc bien des occasions de se réjouir de la présence du Déjà BU,  je suis de ceux qui salivent en attendant une prochaine visite.


jeudi 22 juillet 2010

Nk’Mip Cellars: Produire du vin dans un désert du Canada


Pensez-vous qu’il serait possible au Canada de boire du vin, voir des serpents à sonnettes, des scorpions et des veuves noires? En fait, si cela semble un peu farfelu à prime à bord c’est que vous ne connaissez probablement pas la ville d’Osoyoos situé au sud de la vallée d’Okanagan en Colombie-Britannique. Cette localité est à cheval sur la frontière américaine soit au nord de l’État de Washington. La région d’Osoyoos est considéré par plusieurs comme étant le seul désert au Canada, mais plusieurs personnes contestent cette désignation car par définition la région possède un climat semi-aride. N’empêche que si vous ne faites pas attention en vous promenant, vous pourriez y rencontrer notamment des serpents à sonnette et d’autres bestioles des déserts.

Malgré ses terres arides, la région d’Osoyoos demeure intéressante pour les amateurs de bons vins. Le nom Osoyoos est connu de ceux qui ont déjà goûté Le Grand Vin d’Osoyoos Larose issu d’un partenariat entre Vincor et le Groupe Taillan propriétaire du Château Gruaud Larose dans le bordelais. Plusieurs producteurs de la région d’Okanagan possèdent des vignes dans cette région, car le climat est favorable à la maturation de bons nombres de raisins rouges car la saison de culture y est plus longue et plus chaude qu’au nord de la Vallée.

Lors de mon passage en juin dernier, j’ai séjourné au Spirit Ridge Vineyard Resort & Spa, propriété de la bande amérindienne Osoyoos. Sur place on y retrouve un Centre d’interprétation du Désert, un fabuleux terrain de golf, un camping pour les motorisés, mais également Nk’Mip Cellars qui est le seul établissement viticole géré et appartenu par des autochtones en Amérique du nord. La société amérindienne est propriétaire à 51 % des chais de Nk’Mip, qui réunissent depuis 2002 dans un même lieu, fermentation, vinification et espace dégustation et vente. Le géant Vincor qui possède aussi Jackson-Triggs et Inniskillin dans cette région est également actionnaire à 49% dans Nk’Mip Cellars.

Depuis son ouverture en 2002, Nk’Mip Cellars a reçu pas moins d’une cinquantaine de prix pour ses vins. Il faut préciser que l’on utilise des raisins provenant de quelques unes de plus anciennes vignes de la Vallée d’Okanagan plantées en 1968. Cela démontre que l’industrie du vin en Colombie-Britannique est relativement jeune, malgré quelques expériences de la culture du raisin qui datent d’un peu plus longtemps. Nk’Mip Cellars est aussi doté d’un restaurant et d’une terrasse avec une vue imprenable sur le Lac Osoyoos, sur ses vignes et la vallée.

J’ai eu l’occasion de goûter quelques uns des vins du domaine lors de mon passage. J’ai été particulièrement étonné par la qualité du Cabernet Sauvignon Qwam Qwmt 2006 qui s’est avéré mon meilleur Cabernet Sauvignon goûté dans la région d’Okanagan. Cette désignation Qwam Qwmt pour la gamme des meilleurs vins de Nk’Mip Cellars provient de la langue amérindienne des Osoyoos et signifie « atteindre l’excellence ».

Le Pinot Noir Qwam Qwmt était très réussit dans la gamme des 7 rouges proposées. Pour les vins blancs le Chardonnay régulier, le Qwam Qwmt Chardonnay, le Pinot Blanc et le Riesling faisaient aussi bonne figure.

Chose certaine la beauté des lieux ne passe pas inaperçu sous le soleil d’Osoyoos. Lors de notre passage au Spirit Ridge Vineyard Resort & Spa nous avons été charmé par cette région et si j’ai pu boire mon vin sans voir un scorpion ou un serpent, je peux vous assurer que j’ai eu la piqûre pour ce coin de l’Okanagan et j’aurais pu y passer la semaine au complet sans m’en plaindre. En sortant de la piscine, rien de tel que de jeter un regard sur les vignes et de siroter un bon verre de vin sous le soleil de l’Okanagan.

Dans mon prochain billet de voyage sur les vignes de l'Okangan, je vous parlerais de mes découvertes à Oliver à quelques kilomètres au nord d'Osoyoos, considéré comme la Capitale du vin au Canada.

mercredi 21 juillet 2010

Caraquet : Destination culture et gastronomie

Depuis quelques années Caraquet accumulent les honneurs pour ses événements culturels comme le Festival acadien, le Festival des Arts Visuels en Atlantique et son Caraquet en bleu.  En 2003 et 2009,  Caraquet a reçu de Patrimoine canadien la distinction de "Capitale culturelle du Canada", ce qui en fait la seule municipalité au Canada à avoir obtenu cette reconnaissance nationale à deux reprises.   De plus on assiste depuis quelques années à une effervescence au niveau de la gastronomie.   Caraquet est célèbre aussi pour la qualité de ses huîtres La Caraquette et c’est pourquoi on y trouve l’Éco-Musée de l’Huître, propriété de la famille Dugas qui est un producteur renommé de la province.  Caraquet est aussi le siège d’un événement gourmand bien connu des amateurs de vins et de gastronomie à l’arrivée de la période estivale depuis près de 15 ans avec son Festivin qui se déroule à la fin mai, début juin.

Caraquet s’impose de plus en plus comme une plaque-tournante des bonnes tables et des produits du terroir et de la mer. La présence des fromages Les Blancs d’Arcadie, l’arrivée l’an dernier de la Poissonnerie Pro-mer et l’ajout d’une Boulangerie et de produits fins comme la Boulangerie Grains de Folie démontre cet engouement pour la table.  Pour une Ville d’un peu moins de 5000 habitants, il est aussi à souligner qu’on y trouve également un restaurant japonais soit le Mitchan Sushi, un restaurant de mets orientaux, un café-bistro le Café Phare et un restaurant  appelé La Chocolatière qui offre une gamme de chocolats élaborés sur place.  

De plus,  le dernier né de cette éclosion des entreprises des produits gourmands et de la gastronomie est le restau bar à vin le Déjà Bu du propriétaire Robert Noël qui était sommelier d’Alcool NB jusqu’à tout récemment avant de se lancer dans l’aventure de la restauration. Pas étonnant donc de constater que Caraquet est la ville comptant le plus grand nombre de restaurant par personne dans la Péninsule acadienne.  Avec la tenue du Congrès mondial acadien dans la Péninsule acadienne en 2009, il est à parier que la réputation caraquetoise de Capitale culturelle de l’Acadie sera de plus en plus associée à celle de destination gourmande et gastronomique  en Acadie. 

mardi 20 juillet 2010

Le pouvoir de la pyramide de Summerhill Pyramid Winery

Un beau dimanche de juin, je me promène dans le secteur au sud de Kelowna sur la rive Est du Lac Okanagan alors que je suis à la recherche du vignoble de Summerhill Pyramid Winery.  Avec ma douce moitié nous sommes finalement venu à bout du mystère de la localisation de ce domaine alors que mon GPS semblait dérangé par une force externe. Ce n’est que plus tard que j’en suis venu à conclure qu’il s’agissait possiblement d’une forme d’énergie externe et inexpliqué qui m’empêchait d’atteindre l’adresse entrée dans ma boussole des années 2000.

L’image est frappante lorsque l’on s’enfonce dans le chemin menant aux installations du domaine alors qu’une pyramide blanche se dresse sur la gauche en se rendant plus bas vers le stationnement et la boutique.  On se demande quel diable a pu inciter quelqu’un au Canada a dressé une pyramide en béton blanc comme on en retrouve en Egypte, mais en plus petit.

Je n’ai pu m’empêcher de prendre  quelques photos des lieux après avoir tombé sous le charme de ce décor insolite des lieux avec cette réplique d’un globe terrestre au milieu d’un jardin ou encore cette fontaine  avec une bouteille de champagne géante qui est en position de verser son contenu dans une coupe dans un format similaire.   De plus sur cette terrasse qui surplombe les vignes et le sublime lac Okanagan le soleil invite à la relaxation, sinon à la méditation. Le restaurant appelé Sunset Bistro donne également sur cette vue splendide.

Ce domaine datant de 1991 est l’œuvre du propriétaire Stephen Cipes qui a fait construire cette immense pyramide de plus de quatre étages pour y faire vieillir son vin afin de profiter des forces et de l’énergie dégagé selon lui par l’effet de la pyramide.  D’après les responsables du vignobles,  9 personnes sur 10 ayant dégustés à l’aveugle des vins vieillit dans la pyramide ont préféré ces vins à ceux qui ne l’étaient pas.

Chose certaine le processus ne semble pas nuire car lors du plus récent Canadian Wine Awards de 2009, le domaine de Summerhill Pyramid Winery a remporté une médaille d’argent  pour son mousseux un Pinot Noir Brut Rosé Cipes et une de bronze pour son Cipes Ice.   Ajoutons à cela le titre de domaine viticole de l’année en 2009 à l’International Wine and Sprits Competition à Londres en Angleterre.

Force est d’admettre que l’incrédulité est lisible sur le visage de bien des experts lorsque l’on fait mention de cette propriété d’amélioration du vin après l’avoir vieillit en pyramide.  Toutefois vous conviendrez que le propriétaire doit bien en avoir un brin de conviction pour injecter plus de 1,5 million de dollars seulement pour construire cette pyramide.  

Un tour guidé de grande qualité   

Profitant de ce pouvoir de séduction des lieux, moi et ma conjointe avons attendu la présentation du tour guidé offert à chaque deux heures afin de découvrir le mythe derrière les vins de ce domaine.  Sur le coup de midi, nous avons suivi notre guide qui a surtout démontrer comment était produit le mousseux de Summerhill Pyramid Winery, bref selon la méthode traditionnelle champenoise.  Un tour guidé qui permet de mieux comprendre pourquoi le vin de style champagne ou les mousseux en général nécessitent plus de soins qu’un vin régulier.   Le tour guidé culmine avec une visite à l’intérieur de la pyramide.  La température y est très fraîche, il n’y a pratiquement pas de lumière et en plus d’y faire vieillir des vins, on nous indique qu’il y a parfois des séances de yoga qui s’y déroulent.   On a l’impression d’entrer dans un temple sacré où Indiana Jones pourrait surgir d’un passage secret.

La visite de la pyramide terminée nous sommes ensuite convié à la dégustation à la boutique du domaine pour compléter ce tour mythique qui à mon sens est probablement le meilleur de tout l’Okanagan.  C’est un tour formateur pour bien comprendre le processus de fabrication des mousseux. 

Des vins biologiques

Outre la curiosité suscitée par la présence de la pyramide, les consommateurs seront heureux d’apprendre que Summerhill Pyrami winery s’illustre par son aspect vert.  En effet il s’agit du plus important vignoble certifié biologique au Canada et l’un des plus grands producteurs de vin de glace au pays.  Le phénomène des vins biologiques est encore mal connu en raison de la multitude de standards qui ne sont pas gérés par une entité uniforme.  Au Canada seulement,   il existe près d’une trentaine d’organismes de certification qui s'assurent que les normes de culture organique soient rencontrées. 

Lors de mon passage chez Summerhill  j’ai eu l’opportunité de goûter plusieurs dont les mousseux Cipes Brut, Cipes Rose et Cipes Gabriel.  Nous avons aussi savouré aussi des blancs comme le Gewurztraminer, Pinot Gris et Riesling, sans compter les rouges comme le Pinot Noir, le Merlot et le Cabernet Franc.

Le charme du vin âgé en pyramide chez Summerhill Pyramid Winery opère-t-il vraiment?  Ce sera à vous d’en juger en vous rendant un jour à Kelowna en Colombie-Britannique et en visitant vous-même Summerhill Pyramid Winery.  

Mon prochain billet sur l’Okanagan vous amènera à la découverte de la région d’Osoyoos, considéré comme le seul désert au Canada.  Je vous parlerais de Nk’Mip Cellars, le seul vignoble géré et appartenu par des autochtones au Canada.

dimanche 18 juillet 2010

CedarCreek Estate Winery: un nouveau souffle pour la marque


La Fête des Pères 2010 va demeurer mémorable dans le cadre de mon périple dans la Vallée d'Okanagan. Par un beau dimanche de juin, je me suis dirigé avec ma conjointe à un rendez-vous organisé afin d’y rencontrer Gordon Fitzpatrick, le fils de l'ancien sénateur Ross Fiztpatrick, qui dirige maintenant le domaine CedarCreek Estate Winery depuis quelques années, en remplacement de son père qui en était propriétaire depuis l'acquisition du domaine en 1986. D’abord dans le cadre des préparatifs de mon voyage je ne m’étais peu attardé à la date, mais avouez que c’était un peu l’inconfort pour moi lorsque j’ai constaté que j’allais rencontrer l’homme qui dirige CedaCreek le jour de la Fêtes de Pères. Malgré tout, après avoir annoncé mon arrivée au domaine, Gordon s’est pointé afin de nous recevoir avec une approche simple et accueillante.
Nous sommes allé prendre une petite marche dans les vignes de ce magnifique domaine afin de s’imprégner de la beauté des lieux et sa sérénité. Tous les bâtiments sur la propriété sont blancs tel une belle mariée prête pour le grand jour. En regardant vers le haut de la montagne ou les rangées de vignes s’alignent on remarque les signes du grand incendie dévastateur qui a rasé une superficie considérable de forêt dans cette région en 2003. Si les vignes et bâtiments de la propriété ont été épargnés à l’exception de deux remises d’équipements, le domaine voisin soit la «winery» de St-Hubertus a été complètement détruite. Situé à quelques kilomètres au sud de Kelowna au bord du Lac Okanagan l’endroit est quand même à couper le souffle.

Nous sommes allé à l’intérieur continuer notre jasette pour goûter les vins de ce producteur qui cultive ses raisins sur 4 vignobles distinct de la région de l’Okanagan soit un total de 150 acres. D'ailleurs la famille Fitzpatrick est aussi propriétaire d'un autre domaine dans la région soit Greata Ranch Winery.  Dans cette petite salle adjacente à la boutique de CedarCreek, Gordon nous a fait savoir que d’importants changements sont en cours au sein de l’entreprise. D’abord au lieu d’avoir trois gammes de vins, ce qui apportent un peu trop de confusion auprès des consommateurs selon lui, CedarCreek a opté pour une mise à jour de la marque en offrant maintenant deux gammes. Une attention spéciale est apporté à l’étiquetage pour rendre plus distinctif les vins de plus haut niveau de la série Platinum ainsi que les vins réguliers plus abordables désignés simplement CedarCreek. Par conséquent, ce renouveau affecte aussi le portfolio des vins qui passe ainsi de 24 à 16 vins. La dernière transformation d’importance avait été effectuée il y a 10 ans alors que son père était en charge de l’entreprise. Parmi les changements à survenir chez CedarCreek, le domaine a depuis peu de temps un nouveau «winemaker» du nom de Darryl Brooker, qui était auparavant en Ontario à l’emploi de Hillebrand. Il a aussi œuvré pour Thirty Bench et roulé sa bosse en Nouvelle-Zélande et Australie durant sa carrière de plus de douze années dans le métier.

Lors de notre entretien nous avons eu droit à quelques vins vedettes de CedarCreek tout en écoutant les confidences de Gordon qui nous expliquait qu’il tentait de percer le marché du Nouveau-Brunswick, mais que les conditions fixées par le monopole de notre province étaient parfois difficile à négocier. Donc vous comprendrez que plusieurs bons vins pourraient figurer sur nos tablettes, mais que bien des facteurs entrent en ligne de compte avant que nous puissions mettre la main sur de bonnes bouteilles. Nos producteurs canadiens doivent rivaliser avec de grosses corporations et la compétition de différents pays producteurs.

Pour terminer notre dégustation et notre visite, l’hospitalité de notre hôte s’est transportée sur la terrasse du restaurant de la propriété avec un plateau de créations de son chef. Les grands rouges de la maison nous y ont été versés comme le Platinum Reserve Meritage, le Platinum Syrah, son Pinot noir et le fameux Merlot aussi de cette gamme.

CedarCreek Estate Winery figure donc sur ma liste des coups de cœur de mes nombreuses visites auprès de producteurs de la région d’Okanagan. Dans mon prochain billet sur l’Okanagan, je vous parlerais des vins de Summerhill Pyramid Winery.

mardi 13 juillet 2010

Quail’s Gate : le charme des cailles et du vin d’Okanagan

Lors de notre arrivée à l’aéroport de Kelowna le vendredi 18 juin nous étions vraiment excité à l’effet d’effectuer notre première visite en sol d’Okanagan dans un vignoble bordant le magnifique lac du même nom de cette région de Colombie-Britannique.
L’autoroute 97 qui traverse Kelowna me semblait interminable en raison des nombreux feux de circulation sur ce trajet qui nous menait à notre première destination de dégustation à proximité du Mont Boucherie, ce vieux volcan éteint et âgé d’environs 60 millions d’années situé à Westbank (West Kelowna).

Quail’s Gate est une entreprise appartenu et dirigé par la famille Stewart depuis plusieurs années. Étant donné que notre rendez-vous était fixé à 15 h et que nous N’avions pas eu droit à un repas très élaboré dans l’avion, nous avons saisis de l’occasion de goûter à la cuisine du Old Vines Restaurant, une table renommée de la région qui est supervisée par le chef Roger Sleiman. Alors que je me laissais tenter par des pennes au filet de bœuf ma conjointe optait pour les Tagliatelles au canard. L’entrée à la matière de pouvait être plus aguichante puisque nous avions aussi opté pour le menu de dégustation pour notre choix de vin. Alors que ma conjointe fixait son choix sur le volet Aromatique composé de trois blancs savoureux (2009 Chenin Blanc, 2009 Dry Riesling et 2008 Gewürztraminer, j’accordais mon vote au Big Red Flight soit le volet des gros rouges (2007 Merlot, 2007 Cabernet Sauvignon et 2007 Old Vines Foch). Nous avions même l’occasion d’échanger en français car notre serveur était originaire de France. Est-il utile de préciser que nous étions déjà subjugué par le charme de Quail’s Gate et que nous espérions allonger le plaisir en oubliant totalement nos 9 heures de transport (incluant l’attente à Toronto) et les 4 heures de décalage avec le Nouveau-Brunswick.


Un tour guidé en français

Après ce festin, nous étions attendu pour un tour guidé des installations de Quail’s Gate. C’est un sommelier de l’entreprise, du nom de Brian Casey, et originaire de la région d’Ottawa s’exprimant dans un français impeccable en dépit de ses nombreuses années dans l’ouest, qui nous a fait découvrir les installations de production et le vignoble de Quail’s Gate. Avec une vue imprenable sur le Lac Okanagan, le domaine de QG exerce un charme incroyable sur ses visiteurs. Après avoir visité le cellier et les cuves pour la fermentation du vin de ce domaine viticole qui s’étend sur 200 acres, nous avons eu le privilège de dégusté les vins de Quail’s Gate. Réputé pour la qualité de son Chardonnay et son Pinot Noir, des vins que l’on retrouve depuis peu au Nouveau-Brunswick, nous avons été en mesure de passer en revue le Chenin Blanc, le Gewurztraminer, Riesling et le savoureux mélange Chasselas-Pinot Blanc-Pinot Gris. Les rouges ont aussi déferlés devant nous avec le Merlot et le Old Wines Foch. Évidemment nous avons pu comparer le Chardonnay et le Pinot Noir régulier avec les vins Reserve de la gamme Stewart Family Reserve.

Une tradition de cultivateur de fruits
La famille Stewart a débuté dans l’industrie agricole en arrivant dans la région en 1908 provenance de l’Irlande et ont débuté la culture des fruits dès leur premiers contacts avec l’Okanagan. Après l’achat de la propriété en 1956, la famille Stewart plantera ses premières vignes en 1961. Majoritairement dominé par des plantations de cerises, de pêches, de pommes et de poires, ce n’est que dans les années 90 que la famille a commencée à s’illustrer au rang de producteur de vin plutôt que cultivateur de raisin.

Aujourd’hui les vins de Quail’s Gate remportent un succès énorme sur la scène internationale lors des différents concours et salons des vins. En hommage à ces oiseaux que l’on rencontre dans la région de l’Okanagan, Quail’s Gate s’affirme comme un joyau sur les rives de ce lac. L’Ogopogo peut dormir tranquille en autant qu’on a du vin de Quails Gate l’attrait du monstre est secondaire. 
Dans mon prochain billet sur l’Okanagan, nous parlerons d’un autre domaine fabuleux de la région, situé sur l’autre bord de la rive du lac au sud de Kelowna, soit Cedar Creek.

Entre-temps, versez-vous un verre de chenin blanc de Quail’s Gate et savourez l’été 2010.

Quelques notes de dégustation :
Quail's Gate Chenin Blanc 2009
Vivement l’été avec ce vin blanc rafraichissant offrant des saveurs de fruits en abondance avec une domination de citron et de fruits tropicaux. Des notes de miel et de fleurs complète la signature olfactive du vin. Croustillant en bouche, il s’exprime avec des saveurs en fraîcheur tout en atteignant son sommet avec une finale en longueur. Pour l’apéritif c’est un vin approprié, mais il fera également bon ménage avec des huîtres.

Quail's Gate Dry Riesling 2009
Belle réussite ce Riesling avec ses arômes tropicaux soutenus par des notes minérales de pierres mouillées. En bouche, un vin ayant une bonne vivacité et doté d’une acidité qui le rend juteux et rafraîchissant. Un vin souple aux saveurs de fruits mûres offrant une belle versatilité à table. Pour un festin de crabe ou un filet de porc, ce beau Riesling typique de la Colombie-Britannique saura rendre mémorable cet instant gourmand. Sinon, il représente un vin intéressant simplement comme ça sans artifice lors de l’apéritif.


Chardonnay Stewart Family Reserve 2008
En comparaison avec son chardonnay régulier, ce Chardonnay Reserve est davantage accentué en richesse et en complexité. Des arômes charmeurs de pêche, de melon, de lime et de fleurs de citron. Un Chardonnay texturé d’un style conventionnel teinté de finesse quand à l’utilisation du chêne. Un vin subtilement minéral qui coule en bouche avec souplesse. Pour les amateurs de la morue charbonnière que l’on retrouve au nord de l’Océan Pacifique, ce vin est un match parfait recommandé par le producteur. Il sera aussi idéal avec des côtelettes de veau avec de la purée de Topinambour.

Quail's Gate Merlot 2007
Les aromes parfumés de la prune mûre se mélangent avec une touche de chêne qui lui donne un aspect un peu toasté. Les tannins mûrs et fins apportent une belle dimension à l’ensemble en bouche. C’est un beau merlot veloutée mais avec une puissance assez évidente. Un vin savoureux qui cadre bien avec les viandes rouges comme un filet de boeuf ou des ribs braisées.


Quail's Gate Old Vines Foch 2007
Ce vin élaboré avec le Marechal Foch présente une couleur très foncé, on dirait presque de l’encre. Un vin qui a une armature et une texture puissantes et riches avec des aromes animales complexes. Des notes intenses de fruits foncés et de cuir se distinguent. En bouche, il est savoureux avec ses tannins et la douceur pure de fruit lui confère une élégance notoire. Ce vin sera idéal avec l'agneau braisé ou à un plat riche de fromages de bonne stature.


Quail's Gate Pinot noir 2008
Découvert lors d’un salon des vins au Nouveau-Brunswick j’ai pu renouer avec la qualité de ce beau pinot noir de l’Okanagan. Un vin qui offre de beaux aromes de fruits et particulièrement de cerise. Un vin appuyé par une bonne minéralité et des épices savoureusement harmonieux. Le fruit est aussi bien présent dans les saveurs agrémentées de tannins fins dont la finale culmine en longueur. Pour les amateurs de notre saumon du Nouveau-Brunswick, savourez-le avec un saumon grillés avec de la salade. Un pur délice...

vendredi 9 juillet 2010

Clos Jordanne : le meilleur winemaker de l’Ontario cède sa place à son protégé

Une grosse nouvelle dans le monde du vin au Canada il y a quelques jours. Le winemaker de l’année en Ontario en 2009, le montréalais d’origine Thomas Bachelder, a décidé de quitter son poste au Clos Jordanne. Cette nouvelle m’a été confirmée le 22 juin dernier alors que je visitais les installations de Jackson-Triggs dans l’Okanagan, une autre propriété du géant du vin canadien Vincor qui est propriétaire aussi du Clos Jordanne.

La nouvelle a causée une certaine surprise dans le monde viticole canadien. Toutefois, il faut préciser que Bachelder aura à l’œil les développements du Clos Jordanne situé près d’Hamilton en Ontario dans la région du Niagara, car il va agir à titre de consultant. Ce sera son client prioritaire d’une certaine façon. Par voie de communiqué de presse sur le site du Clos Jordanne (version anglophone), on confirme que c’est Sébastien Jacquet qui prendra la relève à titre de winemaker du Clos Jordanne. Ce bourguignon d’origine œnologue-ingénieur viti-vinicole diplômé de l’Isara (promotion Bacchus), n’est pas le dernier venu puisqu’il était sous l’aile de Bachelder au Clos Jordanne à titre de directeur adjoint de ce domaine viticole prestigieux de l’Ontario. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de discuter brièvement avec Jacquey lors de mon passage au Clos Jordanne en juin 2009.

Indéniablement, Sébastien Jacquey partage cet ambition de faire du Clos Jordanne, le spécialiste des meilleurs Pinot noir et Chardonnay de style bourguignon au pays.
C’est une histoire à suivre…

jeudi 8 juillet 2010

Coup d’œil sur l’industrie du vin de l’Ouest du Canada


Je suis arrivée le week end dernier de mon périple dans l’ouest du pays avec plus d’une trentaine de bouteilles de la Vallée de l’Okanagan dans mes bagages, des souvenirs innombrables et des rencontres avec des gens fascinants de l’industrie viticole canadienne. Moi et ma conjointe avons passé deux semaines en Colombie-Britannique et dans notre première semaine nous avons consacré nos journées à visiter les différents producteurs de l’Okanagan qui sont localisés pour la plupart à proximité de ce merveilleux lac qui s’étend sur 111 kilomètres.

 

Des vignobles impressionnants et imposant dans certains cas, mais aussi de petites productions avec des vignerons passionnés et passionnants. Malgré le fait que nous étions installé dans un condo près de Kelowna, je suis d’avis que le meilleur endroit pour être à une distance un peu plus centrale des vignobles est Penticton. Un peu comme ce fût le cas lors de ma visite dans Napa en 2008, la région de l’Okanagan est traversée par une seule autoroute, soit la 97. De plus la majorité du trajet est accessible seulement sur deux voies avec quelques endroits pour des dépassements et le trafic y est plutôt lent. C’est une région touristique agréable et cela permet vraiment d’apprécier le décor magnifique qui s’offre à nos yeux avec ces magnifiques montagnes qui balisent notre route.

 

La Vallée d’Okanagan et la région de Similkaneen regorge de plus de 120 établissements vinicoles. Pendant cette semaine, j’ai eu la chance d’en visiter au moins le tiers soit près de 45 « wineries ». Dans les prochaines chroniques, j’aurais la chance de vous parler de certaines découvertes et rencontres que j’ai effectuées durant ce séjour. Plusieurs maisons renommées comme Mission Hill, Sumac Ridge, Jackson-Triggs, Inniskillin et Quail’s Gate ont des produits qui se retrouvent sur nos tablettes au Nouveau-Brunswick et au Québec. Néanmoins, certaines maisons qui produisent de petites quantités offrent des produits de très bonne qualité et qui mériteraient d’être partagé avec les consommateurs d’un océan à l’autre de notre nation.

 

Plusieurs personnes m’ont demandé justement quelle avait été ma plus belle découverte? Je dirais que c’est un peu la question qui tue tellement j’ai été séduit par les différentes visites et dégustations que j’ai pu effectuer. Un autre point intéressant a marqué mon voyage, c’est la qualité de la restauration dans cette région alors que plusieurs entreprises vinicoles ont un restaurant sur place et dont plusieurs jouissent d’une réputation enviable comme étant parmi les meilleurs de cette province. À ce chapitre, j’ai eu la chance de savourer quelques bons festins chez Mission Hill, Quail’s Gate, Res Rooster et Cedar Creek. Malgré le fait que j’ai aussi fait quelques repas sous la forme de pique-nique, j’ai aussi constaté qu’il y avait des restaurants invitant chez Summerhill Pyramid Winery, N’k Mip Cellars, Lake Breeze Vineyards, Hillside Estate Winery, Burrowing Owl, Gray Monk Estate Winery et Sumac Ridge Estate Winery.

 

Autre constat intéressant, c’est l’appui de l’ensemble des résidents et des restaurateurs de la Colombie-Britannique qui encouragent les producteurs en consommant ou en mettant en évidence les vins de leur province en priorité sur leur carte des vins. Ayant séjourné une semaine dans la région de Vancouver et Whistler, j’ai eu accès aux vins de la Colombie-Britannique un peu partout.

 

En ayant fait des visites du nord en allant vers le sud dans l’Okanagan, j’ai aussi constaté que les vins blancs en provenance des régions du nord sont en général meilleurs et qu’en raison du climat plus chaud dans le sud, que les rouges y sont plus intéressants. Plusieurs producteurs ont d’ailleurs des parcelles près des régions méridionales pour bénéficier de ces conditions. Les régions d’Oliver et d’Osoyoos sont d’ailleurs privilégiées par une période de maturation plus longue ce qui profite à la qualité des vins rouges. J’ai donc fait la découverte de bons blancs à partir des cépages populaires dans l’Okanagan comme le pinot gris, le pinot blanc, le riesling et certains gewurztraminer. Pour les rouges, les cépages qui s’épanouissent le mieux sont le merlot, la syrah et le cabernet franc. J’ai néanmoins savouré mon meilleur Cabernet sauvignon de la vallée chez N’k Mip Cellars, un Qwam Qwmt du millésime 2006.

 

Pour ce qui a trait à mes coups de cœur pour la beauté des installations, la qualité des vins et mes impressions générales des vignobles voici mon top 5:

  • Mission Hill
  • Cedar Creek Estate Winery
  • Quail’s Gate
  • See ya Later Ranch
  • Stag’s Hollow

 
Des mentions honorables à Thornhaven Estates Winery, Burrowing Owl, Jackson-Triggs Okangan Estate, Road 13 et Summerhill Pyramid Winery.

 
Dans mon prochain article je vous parlerais de Quail’s Gate situé à Westbank tout près du non-moins populaire Mission Hill.