vendredi 31 juillet 2009

Dégustation: Château Sainte-Marie Entre Deux Mers

Nom du vin : Château Sainte-Marie Entre Deux Mers "Vieilles Vignes"
Cépage: Sauvignon blanc, muscadelle, sémillon
Producteur: Château Sainte-Marie
Millésime: 2008
Région: Bordeaux
Pays: France
Catégorie: Blanc
Alcool %: 12.5
Date de dégustation: 2009/07
Prix: 15.75$ CAN
Disponible à la SAQ - 10269151
La note d’appréciation Le Tire Bouchon : 87

Notes de dégustation: Robe jaune paille et brillante avec un nez aromatique très floral duquel émerge des effluves de tabac et d’amandes. En bouche un vin d’une belle amplitude qui offre de persistantes saveurs de brioche et de fruits jaunes. Un vin fin de bonne intensité et doté d’une minéralité qui ajoute à la complexité.

Accord mets et vins: Un Entre Deux Mers qui fera belle figure avec une salade de poulets grillés avec du homard, des huîtres, des crevettes grillés ou des poissons en filets sur le grill. Un vin qui ne donne pas sa place aussi en apéritif!

jeudi 30 juillet 2009

Dégustation: Château Mas Neuf Compostelle

Nom du vin: Château Mas Neuf Compostelle Costières de Nîmes
Pays : France
Région : Vallée du Rhône
Appellation : Costières de Nîmes
Fournisseur : SAS Château Mas Neuf
Pourcentage d'alcool : 13.5 %
Millésime dégusté : 2005
Code SAQ : 00914325
CUP : 03377542 107502
Prix : 22,05 $

La note d'appréciation Le Tire Bouchon: 88

Note de dégustation :

Une robe rouge rubis violacé aux teintes profondes. Nez expressif qui offre des parfums de mures, de cerises noires et prunes, ppuyé par des notes d’épices qui semble se rapprocher du romarin. Le vin dégage aussi des notes empyreumatiques. Un rouge d’une fraîcheur agréable. La bouche de cet AOC Costières de Nîmes offre une texture ample et offre une finale persistante. Un beau vin épicé qui saura s’harmoniser avec une cuisine relevée. Un assemblage de Syrah (70%), Mourvèdre (25%) et Grenache (5%).

Un vin qui pourra se conserver jusqu’en 2012. Température de service : 16 - 17 °C

Accords mets et vins : Idéal avec les gibiers à plume et les viandes en sauce.

jeudi 23 juillet 2009

Boire Bordeaux et mourir

Samedi dernier je me suis rendu chez un ami pour un rendez-vous annuel estival. De toute mon existence je n’ai pas vu souvent une cave à vin aussi garni en grands vins de Bordeaux de ce côté de l’Atlantique. Outre l’un des deux magasins de la SAQ Signature, jamais je n’ai vu autant de Grands crus réunies dans un même lieu. Durant cette soirée entre amis, un groupe d’une trentaine de privilégié, nous avons dégusté avec le plus grand plaisir une poignée de ces vins exceptionnels tant par leur goût que par leur coût dans bien des cas. En guise d’exemple, voici une brève liste de ces vins auxquels j’ai été en mesure de me rincer le gosier.

Le Château Lilian-Ladouys 2000, dans le terroir de Saint-Estèphe, les vignes de Lilian-Ladouys se trouvent à la croisée des chemins, à quelques enjambées de Cos d'Estournel et du Château Lafite-Rothschild

Château La Croix St-Estèphe 1999, un autre vin fabuleux. Il s’agit en fait du 2e vin du Château Le Crock, dont le vignoble est situé entre Château Montrose et Château Cos d’Estournel. Il s’agit d’un terroir profitant d’un sol argilo-calcaire, naturellement bien drainé. Le domaine s’étend sur 32,5 hectares de vignes complantées à 65% Cabernet Sauvignon, 25% Merlot, 2% Cabernet Franc et 8% Petit Verdot. Depuis 1994, Michel Rolland est le consultant des Domaines Cuvelier. Le Château La Croix St-Estèphe est issu de vignes plus jeunes du domaine.

Château Petit Mayne Pomerol 1999, un vin qui possède une belle robe grenat assez profonde. Le nez est doté d’une complexité notoire avec de subtils arômes d'épices, de sous-bois et de fourrure. Il dégage également des parfums de fruits cuits particulièrement de pruneau, de griotte et de tabac. Le vin était à mon sens sur son déclin mais malgré tout de bonnes saveurs étaient encore perceptibles.


Châuteau Smith Haut Lafite 1997. Ce cru classé de Graves d’appellation Pessac Léognan est élaboré de 35% Merlot , 55% de Cabernet Sauvignon et 10% Cabernet Franc. Dès 1365, la maison noble du Bosq avait choisi ce terroir pour exploiter un vignoble. Puis au XVIIIème siècle l'Ecossais George Smith acheta le domaine, lui accola son nom, bâtit la Chartreuse et exporta vers l'Angleterre sur ses vaisseaux, les barriques déjà renommées. Appuyé par une riche histoire bien vivante, depuis 1990, c’est Daniel Cathiard qui tombe à son tour amoureux du vignoble et devient propriétaires avec la ferme intention de continuer à valoriser ce noble cru.


La Dame de Malescot 2000 est un pur délice. Second vin de ce 3 e cru classé qu’est le Château Saint-Exupéry, il est dans la lignée des vins de Margaux pour son exceptionnel caractère et ses propriétés de garde reconnues. Le millésime 2000 de la Dame de Malescot est à l’image de la réputation extraordinaire de ce savoir-faire de Malescot et surtout des soins que l’on apporte à ce vignoble pour en tirer une qualité maximum. Ce domaine est trois fois centenaire et il a été acquis dans les années 1950 par la famille Zuger qui a su préserver cette réputation de vins de longue garde, corsés et tanniques.


Pichon Longueville 1999 : un domaine de 73 hectares, second Cru Classé en 1855. Environ 45 personnes travaillent aujourd’hui au château. Composé d’une cinquantaine de parcelles, le vignoble est âgé d’environ 50 ans, et comprend une majorité de cabernet-sauvignon (60%), suivi de merlot (35%), cabernet franc (4%) et petit verdot (1%). La plus grande partie de ces parcelles est située sur une magnifique croupe graveleuse exposée au sud, situé à proximité du vignoble de Château Latour. Un beau vin de Pauillac qui malheureusement n’est pas donné à toutes les bourses. Dans un terroir ou l’on retrouve les grosses pointures comme Lafite-Rothschild, Mouton-Rothschild, Latour, Pontet Canet, Grand Puy Lacoste, d’Armailhac, Les Forts de Latour et Lynch Bages, c’est probablement la rançon de la gloire.


Château Teyssier 2003; Un St Émilion Grand Cru qui est en train de devenir une star montante de cette région. L’acquisition en 1994 de ce château par Jonathan et Lyn Maltus a permit a ce celui-ci de rehausser la qualité de ses vins d’une façon notoire.


Château Destieux 1994 : un autre bon vin de St Émilion qui provient d’un joli vignoble de 13 hectares dont l'encépagement principal est dominé par le Merlot (66 %). Des vins de grande garde qui procurent toujours un plaisir difficile à décrire pour les amateurs de vins de Bordeaux.


Pavillon rouge 1998 : ce deuxième vin du célèbre Château Margaux est comparable à du bonbon. C’est la 2e fois que j’avais la chance de goûter ce millésime et étant donné que j’ai moi-même une bouteille dans mon cellier je surveille avec intérêt son évolution. Sous les soins attentifs de Paul Pontallier, ce réputé vin de Margaux ne déçoit pas. Classé au niveau d'un cinquième cru, ce vin est plein de fruits, en puissance et en finesse.

Château Sociando Mallet 1998; il faut se pincer lorsque l’on goûte ce vin qui est identifié comme un cru bourgeois du Haut-Médoc. Il me semble qu’on devrait revoir le classement de certains vins. Grâce à la touche de Jean Gautreau, qui depuis 1969 est propriétaire du Château, le domaine n’a jamais cessé de se hisser vers les sommets. Un bouteille de Sociando Mallet c’est une communion avec la richesse de la matière dans un vin et sa capacité de vieillissement hors du commun. Une bouteille de onze ans et j’avais l’impression de mordre encore dans le fruit.

Château Peby Faugère 1998 : un millésime 98 riche et qui place encore une fois le style St Émilion dans la classe des grands. Le Péby Faugère est issu de vignes de plus de 45 ans d’âge et pratiquement à 100% merlot! L’histoire derrière le Château Faugère est assez particulière puisque celui-ci appartient à la famille Guisez depuis 1823. Péby Guisez en hérite en 1987 et pendant dix anx, lui et sa femme Corinne vont tout mettre en œuvre pour faire renaître la réputation de Château Faugères en tentant d’y produire les meilleurs vins possible. Toutefois le 25 octobre 1997, Péby Guisez s’éteint tragiquement à 52 ans. Corinne et ses filles décident alors de garder Faugères et dès 1998 vont produire un vin sur la meilleure parcelle de 8 hectares de son terroir avec l'ambition de le porter au rang de "Saint-Emilion Grand Cru Classé". Ce vin portera le nom de Château Péby Faugères et l’on connait la suite.


Cain Five 1999 : je crois qu’il s’agit de l’un des meilleurs vins rouges qu’il m’a été donné de boire en provenance de Napa Valley. J’ai toujours eu un faible pour ce vin et encore une fois je n’ai pas été déçu. Ce vin est arrivé à sa maturité et même si l’on suggère qu’il pourra vieillir jusqu’en 2012 je n’oserais me faire languir plus longuement. Un vin riche avec des arômes de cèdre, d’herbe, d’anis et des saveurs complexes de tabac et de fruits noirs, qui culminent dans un finale longue et savoureuse. Divin, avec ses tanins qui démontrent une main de fer dans un gant de velours!


Une douzaine de vins rouges qui vont certainement rester graver dans mon répertoire des dégustations les plus mémorables dans mon odyssée à travers les grands vins de Bordeaux (À l’exception d’un vin de Napa). Boire Bordeaux et mourir, voilà un nouveau slogan qui pourrait s’adapter à l’issu d’une telle soirée.

vendredi 17 juillet 2009

Flat Rock Cellar : une fierté du Twenty Mile Bench

Circuler sur les petites routes de campagne de la péninsule du Niagara est certainement la vrai façon de découvrir le rythme quotidien des habitants de cette belle région du vin. Loin de l’autoroute Queen Elizabeth Way (QEW), le décor bucolique de l’escarpement du Niagara envoute les sens. Il y a ces plants de vignes mais aussi la présence des arbres fruitiers comme les cerisiers qui bordent le parcours de certains secteurs près de Jordan.

En remontant vers les plus haut sommets de l’escarpement du Niagara sur la 7th avenue, on a obtient vue imprenable sur la région avec le Lac Ontario à l’horizon ainsi que Toronto de l’autre côté de l’eau. C’est au 2727 de cette même montée que trône le vignoble de
Flat Rock Cellars sur ce qui est appelé le Jordan Bench. Le bâtiment est à lui seul une attraction dans ce décor avec son style moderne qui émane dans cette ruralité mais tout en donnant du charme à l’ensemble. Flat Rock Cellars possède à mon sens l’un des environnements des plus attrayants de la péninsule du Niagara. Avec sa forme hexagonale et ses fenêtres en abondance, de même que son positionnement surélevé, on a droit à un panorama unique sur les vignes dans la salle de dégustation, ce qui inspire à la découverte des produits de cette maison.

Lors de mon passage le responsable au bar de dégustation est un jeune homme de belle allure qui nous mentionne qu’il arrive tout droit d’un autre vignoble soit
Hillebrand. Malgré qu’il a une semaine de travail seulement au service de son nouvel employeur, on distingue déjà qu’il est animé par une passion indéniable envers les produits de la vigne et qu’il possède déjà de bonnes connaissances sur les vins du nouveau domaine qu’il représente.

Flat Rock Cellars a été fondé en 1999 et ce sont des installations modernes qui sont utilisé pour la conception des vins depuis son ouverture en 2005 tout en exploitant le relief des lieux afin de diminuer les impacts environnementaux. C’est d’ailleurs par le biais du principe d’écoulement par gravité que l’on traite le fruit de la vigne dans son processus de transformation en vin. Un grand soin est apporté dans toutes les phases ayant trait à l’élaboration des vins et des soins de la vigne. Que ce soit les vendanges à la main, la transformation en petites quantités, l’utilisation de fûts de chêne français pour le vieillissement, de l’emploi d’un système géothermique de chauffage et de réfrigération, rien n’est laissé au hasard.

Ed Madronich est le président de l’entreprise, il est d’ailleurs à l’origine de ce beau projet avec son père Ed Madronich senior. Ed Madronich prêche en faveur du terroir des vins de l’Ontario, et il y croit si fortement qu’il a été récemment élu président du Wine Council of Ontario (Conseil des vins de l'Ontario). Madronich junior a débuté sa carrière comme responsable de la marque chez Vincor Canada avant de devenir directeur du marketing chez Inniskillin. Le Conseil des vins de l’Ontario basé à St Catharines représente 82 viticulteurs des régions de Niagara, de la côte nord du Lac Érié, Pelee Island, Prince Edward County et du Grand Toronto.

Flat Rock Cellars se démarque d’ailleurs par le sérieux et la volonté de vouloir produire des vins dont la signature met en évidence le terroir du
Twenty Mile Bench. C’est Marlize Beyers qui agît à titre de winemaker de l’entreprise. Originaire de l’Afrique du sud, elle a œuvré dans plusieurs régions prestigieuses en Afrique du sud, en Allemagne et aussi à Bordeaux en France. Flat Rock Cellars est la première entreprise viticole en Ontario à utiliser à 100 pourcent les capsules-à-vis Stelvin. Lors de mon passage j’ai fait l’essai de plusieurs des vins de Flat Rock Cellars et j’ai été charmé par le populaire Twisted en blanc. Il s’agit d’un mélange à 60% de Riesling, de 20% de Gewurztraminer et de 20% de chardonnay. La fermentation a été effectué à froid dans des cuves en inox.

En rouge, j’ai également été impressionné par le 2007 Estate pinot noir en rouge. Mon coup de cœur est cependant réservé au Nadja’s Vineyard Reserve Riesling. Il s’agit d’une petite parcelle situé à la gauche en entrant vers le stationnement du domaine. Un peu plus froid de quelques degrés, cette parcelle du vignoble est exposée aux vents de l’escarpement. Il en résulte un vin dont la vigne est moins sujette aux maladies et dont les grappes demeurent plus longuement sur le plant de vigne. Les saveurs sont aussi développées plus lentement, permettant ainsi aux grappes de conserver un plus haut niveau d’acidité.

Flat Rock Cellars figure à mon sens dans les 5 vignobles ouvert au public qui m’ont le plus impressionné lors de ma visite dans la région du Niagara en juin 2009. Tawse Winery, Konzelmann, Reif Estate et Cave Spring sont les autres qui ont retenu mon attention. Flat Rock Cellars est plein de promesse, un peu à l’image de cette industrie du vin de l’Ontario qui est à mon sens un secret trop bien gardé en dehors des frontières de cette province.

mercredi 15 juillet 2009

L’Ontario dans la tendance du Riesling

Le riesling est-il devenu la nouvelle coqueluche en blanc? Lors de mon séjour en Ontario dans la région du Niagara, je m’en suis convaincu tellement ce dernier semblait tirer son épingle du jeu avec brio vu la qualité de ses vins issus de ce cépage et la popularité du produit auprès des consommateurs chez plusieurs bons producteurs.

Chaque époque apporte une mode auprès des consommateurs de vins. L’influence provient parfois de changements dans les habitudes et l’évolution des goûts grandement influencé par le marketing semble aussi dicter la tendance. On a qu’à penser à la célèbre production cinématographique Sideways qui a fait avancer la cause du pinot noir tout en reléguant le merlot dans le siège-arrière, grâce à cette citation croustillante du personnage de Paul Giamatti dans la peau de Miles Raymond.
“No, if anyone orders Merlot, I'm leaving. I am NOT drinking any fu??ing Merlot!” Le chardonnay qui a longuement été le préféré des amateurs de vins blancs a aussi connu une baisse de popularité. Les gens découvrent de nouvelles choses et la diversité semble aussi s’implanter dans les habitudes.

On constate un engouement de plus en plus prononcé envers le Riesling. Originaire de la vallée du Rhin et de la Moselle, ce cépage s’illustre comme un vin idéal pour accompagner les plats gastronomiques. Les vins issus de ce cépage sont habituellement sec, racé, légèrement fruité, au nez fin, floral et avec un penchant sur la minéralité. La répartition du cépage est forte en Allemagne et en France surtout avec l’Alsace qui se démarque, mais plusieurs régions des États-Unis s’illustrent comme en Californie, l’état de New York et l’État de Washington.

Mon passage dans la région de la petite appelation de Beamsville Bench a été concluant. Le Canada est capable de produire de très bons rieslings. Si plusieurs personnes évitent d’acheter des rieslings allemands c’est à cause de la réputation de vins fruités et sucrés qu’ont ces vins chez nous. Il faut dire que les meilleurs rieslings d’Allemagne sont habituellement écoulés en Europe avant d’atteindre l’Amérique sauf exception de quelques bons produits. Que cela ne tienne, j’ai découvert quelques bonnes maisons de chez nous dont
Cave Spring cellars qui fêtera son 25 anniversaire en 2010. Fondé en par le cultivateur de raisin Leonard Pennachetti et le vinificateur Angelo Pavan, le domaine de Cave Spring a planté ses premières vignes en 1978. La commercialisation sous le nom de Cave Spring cellars s’est fait beaucoup plus tard dans les années 80. Le sol de cette région de l’escarpement du Niagara offre une gamme de vins qui sont davantage racées et complexe que ceux des reliefs plus plats. On trouve aussi de bons exemples de Riesling chez Flat Rock cellars, Thirty Bench et Tawse winery dans le même ordre d’idée. Avec une gamme de 7 vins chez Cave Springs cellars incluant le fameux vin Indian Summer Riesling, il a certainement une expertise qui émerge dans cette région. Est-il possible que la région puisse se trouver une niche autre que celle du Icewine. En faisant le parallèle entre l’Allemagne et cette région du Canada, on peut se permettre d’y croire. Chose certaine pour le consommateur ordinaire le Riesling est beaucoup plus abordable et accessible que le Icewine. De plus pour contribuer à faire connaître davantage ce cépage, le monde de la restauration représente un beau soutien. Le riesling s’accorde avec une multitude de mets comme les fruits de mer, le poulet, des fromages et même certaines cuisines exotiques de type asiatique.

Parmi les autres belles découvertes sur mon passage, j’ai goûté de très agréables riesling chez Konzelmann, Pillitteri, Henry of Pelham et Reif Estate. Je suis persuadé qu’il y en a une multitude d’autres à découvrir, il s’agit de se promener dans l’un des nombreux établissements viticoles de cette région. Est-ce que je vous ai mentionné en passant que le vin blanc de l’année en Ontario est un Riesling.
L’honneur revient au
Thirty Bench 2007 Riesling.

lundi 13 juillet 2009

Henry of Pelham : l’héritage des racines de famille

Henry of Pelham Family Estate est un vignoble de la région de St Catharines en Ontario. Étant donné que l’on retrouve une certaine quantité des produits de ce domaine chez nous au Nouveau-Brunswick, ma curiosité m’a amenée à faire un arrêt à cet endroit lors de ma visite dans la région de la péninsule du Niagara. Situé sur ce que l’on nomme le Short Hills Bench à la base de l’escarpement du Niagara, le domaine est appartenu et opéré par la famille Speck depuis 1988. L’acte de propriété a été concédé la première fois à Nicholas Smith en 1794, soit l’arrière, arrière, arrière grand père des propriétaires actuels. Nicholas Smith a combattu semble t-il lors de la guerre de la révolution américaine et c’est son plus jeune fils Henry of Pelham, qui a construit la maison qui abrite aujourd’hui la boutique de vin et le centre d’accueil du vignoble. Il a signé son nom Henry of Pelham en guise de reconnaissance de la route Pelham qui était l’une des principales voies de commerce dans le Niagara à l’époque.

Le domaine de 170 acres est méticuleusement entretenu et ce n’est qu’en petite quantité que chaque vin est élaboré à la main afin de s’assurer que ceux-ci respectent les plus hauts niveaux de qualité. D’ailleurs chaque millésime de la maison Henry of Pelham est marqué du sceau «VQA » (Vintners Quality Alliance) qui est un gage de qualité des vins produits au Canada.

Évidemment, je connaissais très bien le Baco Noir de cette maison qui est devenu pratiquement une signature de celle-ci. En fait, le Baco Noir n’est pratiquement plus cultivé de nos jours, bien qu’à une certaine époque il était répandu en France. Issu d’un hybride qui est le croissement de la Folle Blanche et d’une variété indigène de Vitis vinifera qui porte le nom de son créateur Maurice Baco, la législation européenne a malheureusement restreint l’utilisation des hybrides, ce qui a contribué à sa rareté.

C’est en 1955 que le Baco Noir a commencé à se répandre au Canada, mais le retrait de plusieurs plants de vignes par le biais d’un programme spécial au début des années 80 a aussi diminué sa présence chez nous.

Le Baco Noir élaboré par Henry of Pelham donne des vins moyennement puissants, de teintes foncés et très prononcés sur la présence des fruits. C’est un vin qui offre un potentiel de garde de 5 à 8 ans selon les années. J’ai pu comparer le Baco Noir Reserve 2005 avec le Baco Noir régulier du millésime 2007 et disons que le match comparatif m’a semblé très intéressant. Le Reserve qui se vend près de 25 dollars au domaine (comparativement à 35$ au Nouveau-Brunswick) est plus riche, plus concentré et d’une belle longueur en bouche. Il pourra se marier à des mets plus soutenu comme du gibier, des mets épicés à la sauce aux tomates ou de l’agneau. Le 2007 offre toutefois plus de versatilité avec la nourriture et représente un bon rapport qualité/prix.

Un autre vin qui a piqué ma curiosité est la nouvelle gamme de vin commercialisé sous la griffe très marketing, Sibling Rivalry. Par cet ajout, les frères Speck veulent démontrer que la croyance selon laquelle la qualité d’un vin est liée à son prix est tout à fait dépassée. Avec la gamme Sibling Rivalry, on espère changer cette perception qu’un vin à petit prix est nécessairement un vin de moindre qualité. Pour 13.95$, le rouge du millésime 2007 est le résultat d’un ménage à trois soit du Merlot, Cabernet Franc et Cabernet sauvignon. Quant au blanc qui est un 2008, c’est un heureux mélange de fraîcheur issu de l’union du Riesling, Chardonnay et Gewurztraminer.

Enfin comme plusieurs vignerons le font actuellement un peu partout sur la planète, il y a un mouvement de développement durable dans l’industrie du vin en Ontario. Le projet Dirty Hands est une façon de préserver un mètre carré de terre fertile dans la péninsule du Niagara pour chaque bouteille produite au vignoble pour une année. Cependant les frères Speck font une mise en garde aux écologistes; « Ne buvez pas seulement nos vins parce qu’ils sont écologiques, buvez-en parce qu’ils sont de bonne qualité ». Paul, Matthew et Daniel ont pris les choses en main depuis le décès de leur père en 1993. Aujourd’hui le nom Henry of Pelham est un héritage familial que les amateurs de vins peuvent savourer en toute confiance lorsqu’ils ouvrent une bouteille portant le logo bleu avec le nom de l’ancêtre des frères Speck.

dimanche 12 juillet 2009

Le coyote aux pattes rouges et noires

Lorsque je me promenais dans l’arrière-pays de Niagara-on-the-Lake, je me suis laissé guider par mon instinct lorsque j’ai suivi la piste d’un coyote. Ce n’est pas parce que j’avais le goût de chasser, mais bien en raison de ma soif de découverte de nouveaux vignobles qui n’existaient pas lors de mon précédent passage dans la région en 1995. En fait le domaine de Coyotes Run est ouvert sous ce nom depuis mai 2004 puisque le vignoble était auparavant opéré par la famille Murdza pendant une trentaine d’année alors que ceux-ci fournissaient de plus grosses entreprises viticoles de la région avec leurs raisins de qualité. C’est un ancien soldat du nom de Jeff Aubry qui est un des partenaires fondateurs de Coyotes Run qui a décidé de poursuivre son rêve d’ouvrir son propre établissement vinicole. Malgré l’absence d’expérience dans le domaine, il aura réussit son pari de produire des vins de qualité élaboré selon des méthodes ou la sélection des raisins et son triage se font à la main.

Coyotes Run c’est 58 acres situé hors les limites du village de St David à Niagara-on-the-Lake. Depuis 2004, la philosophie d’exploitation met en valeur le caractère particulier du terroir alors que le sol est divisé en deux types distincts. La propriété est d’ailleurs divisée en deux sections quel’on a baptisé red paw et black paw. Le sol de Coyotes Run est très concentré en matière argilo-calcaire, ce qui est parfait pour le Pinot Noir. D’un coté du vignoble on retrouve une terre d’un brun foncé assez répandue dans la région et qui produit des vins riches et un peu terreux. De l’autre c’est une terre plus rare de sol de couleur rouge qui produit un vin plus en fruits et dégageant des arômes plus abondantes. C’est de cette façon que l’on distingue le pinot noir black paw et le red paw, et qui selon le personnel présent, donne des subtilités comparable à la différence entre un vin de Côte de Nuits et celui de la Côte de Beaune en Bourgogne, mais tout cela dans le même vignoble.

Il va s’en dire que l’expérience de la patte noire et de la patte rouge n’est plus réservée au seul pinot noir du domaine de Coyotes Run car le chardonnay et le Cabernet Franc sont aussi élaboré avec ces distinctions de sol. Le winemaker David Sheppard qui a œuvré plus d’une vingtaine d’année chez Inniskillin est l’artisan de ces vins de Coyotes Run. Tous les vins de ce domaine portent le gage de qualité VQA. Bien qu’il soit produit en petite quantité pour assurer un haut niveau de qualité certains vins se retrouvent sur les tablettes des magasins LCBO en Ontario et même au Manitoba et en Alberta. Malheureusement ces vins ne sont pas disponibles au Nouveau-Brunswick, pas plus qu’au Québec. Mon deuxième regret, c’est que le winemaker David Sheppard est un fan endurci des Maple Leafs de Toronto, c’est la preuve tout n’est pas parfait, même dans le monde du vin. Si Jim Balsillie avait réussit à rapatrier les Coyotes de Phoenix à Hamilton, je me demande quel aurait été son choix.

Enfin, pour ceux et celles qui connaissent Bob Izumi qui est reconnu pour ses émissions sur le plein-air et particulièrement pour Real Fishing television, le domaine Coyotes Run a élaboré une gamme de vin portant le nom du pêcheur de renom. À chaque bouteille vendue, un dollar est remis à la Fishing Forever Foundation, une organisation à but non-lucratif qui vise la préservation et le renouvellement de la ressource pour les pêcheurs de l’Ontario.

samedi 11 juillet 2009

Sur la route du vin des glaces

Du 22 au 30 juin dernier, ma visite dans la région viticole de la péninsule de Niagara, j’ai eu l’occasion de profiter de différents plaisirs de la vie en famille. Nous avons bien entendu admiré les célèbres chutes canadiennes en forme de fer à cheval qui, du haut de leurs 170 pieds, laisse tomber un impressionnant débit d’eau. C’est à bord de la petite croisière Maid of the mist que nous avons pu prendre connaissance à quel point la puissance de l’eau est phénoménale. En dehors de la ville très touristique de Niagara, il y a une attraction tout aussi associée à la région du Niagara, soit son vin de glace.

Bien que découvert par hasard à la fin du 18ème siècle, en Autriche et en Allemagne, alors que surpris par des gelées précoces, les vignerons furent obligés de presser des raisins glacés ce qui allait donner naissance au Eiswein en Europe, c’est au Canada qu’il a gagné ses véritable lettre de noblesse. Le Canada est aujourd’hui le premier producteur mondial de vin de glace. L’aventure canadienne a été entamée en 1973 par Walter Hainle qui a produit le premier icewine et commercialisé la première récolte en 1978, dans la région d’Okanagan en Colombie-Britannique.

La région de Niagara s’est ensuite illustrée en améliorant le produit et en devenant la référence sur la scène internationale grâce notamment à la percée de producteur comme Inniskillin dans certaines compétitions dont le Grand Prix d’Honneur à Vinexpo en 1991 avec leur 1989 Vidal Icewine. Lors de mon passage dans la région, j’ai eu la chance de déguster plusieurs produits chez différents producteurs. Dans la péninsule du Niagara, Royal de Maria se spécialise dans le Icewine. Toutefois j’ai gouté de très bons produits chez Pillitteri, Reif Estate, Cave Spring Cellars, Inniskillin, Thirty Bench, Stratus, Henry of Pelham, Konzelmann et Hillebrand. D’ailleurs le producteur d’origine allemande Konzelmann a été honoré plus récemment par le prestigieux magazine Wine Spectator en faisant le top 100 annuel des meilleurs vins de 2008 avec son Vidal 2006, une première pour un vin du Canada.

Bien que le vidal et le riesling sont les cépages les plus populaires pour le icewine canadien, on utilise aussi le Gewurztraminer, le Pinot Gris, le Chardonnay et le Kerner. Toutefois de plus en plus de cépages en rouge sont aussi utilisés soit du Pinot noir, Cabernet Franc, Gamay et Merlot. Cette tendance en rouge semble présente depuis 4 ou 5 ans seulement et il s’en trouve de très bons résultats.

L’industrie du Icewine est toujours en évolution et depuis l’an 2000, le producteur Pillitteri Estates Winery est devenu le plus important producteur de icewine au monde. Un produit de luxe pour plusieurs car le prix associé à une bouteille de 375 ml est en moyenne autour de 45 dollars. En 2006, le producteur Royal de Maria a mis sur le marché cinq caisses de vin de Chardonnay icewine, dont la bouteille se vendait à 30 000 dollars l’unité. Avouez qu’avec une telle facture pour un vin de glace qu’il y a de quoi refroidir les ardeurs de bien des acheteurs.

jeudi 9 juillet 2009

Tawse winery : sur la route des vins fins

Une autre belle découverte de mon passage dans les vignobles de l’escarpement du Niagara est située à proximité de Vineland au 3955 Cherry Ave. Un bon GPS vous aménera directement à la porte comme ce fût le cas lors de ma visite. Bien que ces vins ne soient pas disponibles au Nouveau-Brunswick (Et c’est bien dommage d’ailleurs) j’étais au courant qu’il y avait chez Tawse winery une jeune réputation de savoir-faire.

Les installations de ce producteur de la
péninsule du Niagara sont le tout dernier cri en matière de technologie dans l’élaboration des vins avec un domaine situé sur le Double Bench de l’escarpement du Niagara. Grâce à l’utilisation de l’énergie géothermique, Tawse winery est aussi une entreprise verte qui permet de réduire d’environ 80% l’énergie qui serait ordinairement utilisé avec les méthodes traditionnelles. Tawse winery a été construit de 2002 à 2004 et l’un des objectifs de conception était de se doter d’installations utilisant la dénivellation naturelle du terrain en exploitant 6 niveaux de gravité.

Tawse winery est d’ailleurs une sublime réussite architecturale. L’aménagement des lieux invite à la visite dès le premier contact visuel. Le propriétaire de Tawse, Moray Tawse est dédié à vouloir créer des vins qui expriment le terroir de l’Ontario tout en étant d’une qualité supérieure. Au niveau des vins, Tawse winery s’est tournée vers le winemaker
Pascal Marchant à titre de consultant, puisque ce dernier jouit d’une bonne réputation sur la scène internationale et parce qu’il possède de profondes connaissances dans l’élaboration des vins de Bourgogne. Ce dernier a d’ailleurs été impliqué dans leprojet du Clos Jordanne en 2003 pour atteindre de hauts standards dans la production de pinot noir et chardonnay. Paul Pender fait parti également de l’équipe voyant à l’élaboration des vins de Tawse winery.

Lors de ma visite, j’ai eu l’occasion de faire la dégustation de plusieurs bons vins. J’ai apprécié la gamme de chardonnay et de pinot noir, mais j’ai aussi grandement apprécié le riesling et le cabernet franc du domaine. Il faut aussi découvrir les particularités des différentes parcelles du vignoble. Les 32 acres exploitées dans la sous-appellation du Twenty Mile Bench au vignoble de Cherry Road sont divisées en 3 parcelles qui portent le nom de chacun des enfants de la famille Tawse, soit Carly’s Block, Robyn’s Block et David’s Block. Tawse Winery a aussi fait l’acquisition en 2004 d’une parcelle additionnelle de 48 acres appelée Quarry Road Vineyard, située dans la sous-appellation Vinemount Ridge. L’achat a été motivé notamment par la présence de 10 acres de chardonnay datant de 1998. Après quelques analyses des caractéristiques du site de Quarry Road, il fût décidé d’y planter également 10 acres de Pinot noir et de Riesling.

Je suis reparti de Tawse winery avec un Chardonnay Musqué 2008 ainsi que deux bouteilles du délicieux Tawse Growers Blend Pinot Noir de 2007. Ce sont à mon sens des vins qui définissent bien l’art d’élaborer des vins fins de qualité. D’ailleurs c’est à l’unanimité dans la région que l’on affirme que le millésime 2007 est le meilleur depuis le tournant du nouveau millénaire. Avec Tawse winery dans le décor viticole de l’Ontario, il est à parié que la qualité sera au rendez-vous sur une base régulière. C’est un petit joyau qui n’a pas fini de briller.

mercredi 8 juillet 2009

Le Clos Jordanne; l'ambition animée par la passion

Les amateurs de vin qui ont déjà eu la chance de boire un pinot noir du Clos Jordanne savent que ce délicieux nectar provient de la belle région du Niagara. En faisant la route des vins de l’Ontario on pourrait s’attendre à voir quelques indications sur les panneaux de signalisations concernant la présence de ce vignoble. Même en parcourant une carte des vignobles de la région, pas le moindre signe de l’existence de cette maison qui est le fruit de l’union du géant Vincor du Canada et le réputé producteur de Bourgogne, Boisset. En fait, le Clos Jordanne existe mais il n’est pas ouvert au public et il n’est donc pas possible d’acheter des vins sur place. C’est dans un ancien bâtiment étant jadis utilisé par une entreprise œuvrant dans les serres que le Clos Jordanne a établit ses assisses.

Il faut comprendre que le business du vin est d’abord et avant tout d’être en mesure de vendre du vin. C’est pourquoi les rêves de grandeur qu’on alimentait à l’origine avec un énorme bâtiment moderne ont du être révisé. La priorité est axée sur l’élaboration et la commercialisation du vin. En cette période de récession qui affecte davantage cette région de l’Ontario il est d’autant plus sage et prudent d’agir de la sorte. Certains producteurs ambitieux l’auront d’ailleurs apprit à leur dépend et l’exemple de 20 Bees est encore frais dans cette région.

Malgré son absence dans le circuit des winery ouvertes au public, j’ai eu la chance de me rendre au 2450 south service road près de Jordan Station en Ontario. Sur place, Candis Walsh-Scammell s’empresse de nous accueillir afin de nous faire découvrir la philosophie qui anime le Clos Jordanne et ses artisans. Pour mieux comprendre la passion qui anime l’équipe du winemaker Thomas Bachelder, la gentille représentante des relations publiques nous amène faire un tour à chacune des 4 parcelles qui sont utilisées pour élaborer les vins du Clos Jordanne. Pour mieux comprendre la notion de terroir, la pierre angulaire de l’élaboration de la personnalité des vins du Clos Jordanne, nous visitons les différents lieux de culture. De plus, c’est par le biais de la culture organique que l’on prend soin des quatre vignobles de façon à préserver le caractère unique du lieu d’origine. La Petite Vineyard (offrant des vins plus soyeux), Claystone Terrace Vineyard (offrant des vins robustes) le Clos Jordanne Vineyard (vignoble principal) et Talon Ridge Vineyard sont les lieux exploités pour produire ces vins qui rencontrent le style des meilleurs vins de Bourgogne en chardonnay et pinot noir. Le Talon Ridge est le vignoble le plus vaste et le seul à être situé au dessus de l’escarpement du Niagara.

À notre retour aux installations du Clos Jordanne, Candis Walsh-Scammell nous amène dans un secteur réfrigéré ou se trouve les barriques de fût de chêne ou séjourne le fruit de la récolte de l’automne 2008 et qui sera commercialisé au printemps 2010. Nous avons droit à un rare privilège qui est de goûter le vin directement de la barrique. À chaque fois, notre guide d’origine manitobaine prélève trois échantillons qu’elle mélange dans un verre armé de sa pipette. Nous pouvons ainsi distinguer la différence entre les 4 vignobles d’où proviennent les raisins ayant servit à l’élaboration de chacun. Les tannins sont différents et démontrent déjà le caractère qui animera chaque vin de pinot noir lorsque le produit sera en bouteille. Nous terminons avec le chardonnay, mais Candis nous met en garde à l’avance avant de s’y tremper les lèvres, le blanc est toujours un peu plus amère lorsque nous le dégustons en barrique. Au fil de la conversation on apprend qu’environ 5 personnes travaillent à plein temps au Clos Jordanne, alors que plus d’une vingtaine de travailleurs mexicains sont employés pour la période de vendange à l’automne.

Sur notre chemin vers la sortie, je rencontre Sébastien Jacquey, directeur adjoint du Clos Jordanne. Cet œnologue-ingénieur n’a pas peur de se salir les mains. Un peu gêné par sa tenue de travail il n’hésite pas à partager avec passion la vision de l’entreprise. Il ajoute avec fierté que tout le travail de la vigne est fait à la main, surtout lorsque vient le temps de récolter les raisins, les opérations de triage ainsi que les différents soins apportés aux vignes. Aucun produit chimique n’est utilisé, on fait l’usage de produits alternatifs comme du cuivre pour lutter notamment contre de nombreuses maladies (mildious, bactérioses, cloque, etc). Sébastien Jacquey assiste le winemaker Thomas Bachelder dans l’élaboration de la signature des vins du Clos Jordanne. Bachelder a d’ailleurs remporté le titre de viticulteur de l’année lors du Ontario Wine Award. Originaire de Montréal, le winemaker n’était pas présent lors de mon passage au Clos Jordanne, car il célébrait le 20e anniversaire de mariage avec son épouse.

Bien que nous soyons encore loin du rêve de vinerie dont les plans ont été dessiné par Frank Gehry, il est permis de croire que le Clos Jordanne puisse devenir la référence du pinot noir au Canada et pourquoi pas en Amérique.

mardi 7 juillet 2009

Konzelmann : l’aventure allemande en sol canadien

Le 24 juin dernier, lors de mon séjour dans la péninsule du Niagara, je me suis promené de vignoble en vignoble comme une abeille qui butine de fleur en fleur. Lors de cette journée ensoleillée et humide, mon premier arrêt avec ma conjointe aura été particulièrement intéressant puisqu’on s’est rendu chez Konzelmann près de Niagara on the Lake. C’est le seul vignoble directement en bordure du Lac Ontario dans toute la région du Niagara. D’ailleurs par temps clair, on peut y admirer la silhouette de la tour du CN à Toronto, de l’autre bord du lac.

Lors de notre visite, nous avons été reçu par Jansin Ozkur responsable du marketing (voir la photo) et des relations médiatiques. Je n’avais pas trop annoncé mon arrivée d’avance, mais cet ancien journaliste d’origine turc est au Canada depuis plus d’un quart de siècle. Dès le premier contact il s’est empressé de nous partager de l’information sur Konzelmann et ses vins. Nous en avons profité d’abord pour déguster quelques échantillons des produits vedettes de cette maison qui œuvre dans le monde viticole depuis 1893. En fait, Konzelmann a débuté dans l’industrie du vin en Allemagne sur le vieux continent. C’est Friedrich Konzelmann de Uhlbach, près de Stuttgart, qui était restaurateur à l’époque et qui a décidé de fonder Konzelmann Estate Winery. De cette façon il pouvait tout aussi bien élaborer des vins pour lui-même ainsi que pour son établissement de restauration.

L’aventure Konzelmann se déplace ensuite au Canada en 1984. Herbert Konzelmann poursuit la tradition de la famille après avoir joint la vinerie en 1958, en établissant Konzelmann dans la péninsule du Niagara suite à différentes difficultés rencontrées en Allemagne alors que les terres devenaient de plus en plus difficiles à obtenir et en raison des coûts élevés de celles-ci. Aujourd’hui Konzelmann produit plus d’une trentaine de vins de sélection VQA (Vintners Quality Alliance) ce qui représente plus de 40 000 caisses de vin et une capacité d’entreposage de plus de 600,000 litres.

C’est aussi durant cette visite que j’ai eu la chance de déguster le seul vin canadien a figurer au prestigieux palmarès du Top 100 du magazine américain Wine Spectator. Le vin de glace Vidal 2006 de Konzelmann a réussi cet exploit en décrochant le 100e rang du classement 2008, un événement annuel qui se perpétue depuis 1988. Au total, 23 vignobles canadiens, la plupart établis en Ontario, ont soumis 80 produits au jury du magazine Wine Spectator comme le confirmait le rédacteur en chef, Tom Matthews dans une entrevue au Journal Les Affaires.

Cette reconnaissance du Icewine de Konzelmann semble avoir donné un élan positif aux plans de développement de la maison. En fait, lors de mon passage Monsieur Ozkur m’a fait visiter ce qui sera le premier bar à dégustation entièrement dédié au Icewine. Les travaux étaient pas mal avancés lorsque j’ai effectué ma visite et cette nouvelle section de la vinerie devrait être en opération dans quelques semaines. Au chapitre gustatif, le Vidal 2006 de Konzelmann est moelleux, rond et avec ses arômes d’abricot il s’en dégage un exotisme qui plaît au palais. Un pure délice qui malgré ses 65$ dollars pour 375 millilitres pourrait bien s’envoler d’ici la fin de l’été.

Lorsque j’étais au bar de dégustation, j’ai eu la chance de serrer la pince d’Eric Pearson l’assistant viticulteur d’Herbert Konzelmann. Nous avons bien entendu terminé notre visite en visitant les vignes ou nous avons saisis sur photo le souvenir impérissable de notre visite dans ce petit coin d’Allemagne en Ontario. Si vous avez la chance de vous promener dans les parages de Niagara on the Lake, passez faire votre tour. Situé au 1096 Lakeshore Road, il est possible de prendre part à un tour guidé des installations de Konzelmann de mai à septembre. Il y a deux visites par jour, soit l’une en avant-midi à 11 h 30 et l’autre vers 14 h 30. Le bar de dégustation et la boutique sont ouverts durant la période la plus achalandée, soit de mai à octobre de 10 h à 18 h quotidiennement. Bien que plusieurs produits se retrouvent sur les tablettes de la LCBO (Liquor Control Board of Ontario) la majorité des vins ne sont disponibles qu’à la boutique du vignoble. Donc faites vos provisions au passage.

dimanche 5 juillet 2009

Un agréable séjour dans les vignes de l’Ontario


Me voici de retour de mes vacances en Ontario. Cette tournée des vignobles dans la belle région du Niagara aura été positive à plusieurs niveaux. D’abord il faut dire que j’ai été grandement impressionné par l’évolution de l’industrie du vin dans cette province. Qu’il s’agisse du nombre d’installations viticoles ou de la qualité des vins qui sont produits, j’ai subit un choque si je compare cette visite à celle que j’avais fait en 1995. En 14 ans, l’industrie du vin canadienne a fait des bonds impressionnants. La renommée des vins de glace de l’Ontario n’est plus à faire, il y a d’ailleurs plusieurs producteurs qui en font de très bons. À ce titre, le domaine de Konzelmann est devenu la première winery canadienne à figurer au top 100 annuel du Wine Spectator en 2008. J’aurais l’occasion dans un nouvel article d’élaborer un peu plus sur ma visite à cet endroit. L’arrivée de plusieurs nouveaux joueurs a également rehaussé les standards de l’ensemble des producteurs présents dans cette région propice à la culture de la vigne. Le Clos Jordanne est un bel exemple de ce sérieux à vouloir produire des vins de terroir. J’ai d’ailleurs eu le privilège de rencontrer l’assistant winemaker Sébastien Jacquey, je reviendrais aussi sur le sujet dans un prochain article. Avec la publicité entourant le Jugement de Montréal, cette maison n’a pas fini de faire jaser.

J’ai également découvert plusieurs petites productions qui méritent le détour. En 1995 j’avais visité Hillebrand et Inniskillin et je dois vous dire que ces deux endroits sont méconnaissables. Hillebrand est encore plus accueillant avec un excellent tour et une salle de dégustation très spacieuse et bien aménagée. Le personnel est bien rodé et les vins ont aussi évolué. Quant à Inniskillin, je me suis présenté là un mardi et il y avait foule. La maison est victime de son succès et étant donné mon manque de temps j’ai été obligé d’écourter ma visite.

Parmi les endroits visités durant cette semaine dans la région, les noms de Malivoire, Henry of Pelham, Tawse Winery, Coyote’s Run, Cave Spring, Stratus, Jackson Triggs, Château des Charmes, Angels Gate, Thirty Bench, Flat Rock Cellar, Peninsula Ridge, Wayne Gretzky, Pillitterri et Pellar Estates furent aussi sur ma route. En tout 19 magnifiques producteurs duquel j’ai acheté des produits. Plusieurs vins de ces maisons se retrouvent sur les tablettes de la société d’état des alcools de l’Ontario (LCBO) et quelques uns chez nous au Nouveau-Brunswick.

Étant hébergé dans la région de Ste Catharines j’étais donc au beau milieu de cette région à seulement une trentaine de minutes de routes dans chaque direction. La route des vins de la région de la Péninsule du Niagara est un secret bien gardé qui mérite un séjour. Maintenant que le Icewine a fait sa marque, le défi de l’industrie demeure toujours réel. La région se doit de trouver sa niche au niveau des cépages vedettes. On y produit beaucoup de choses mais le niveau de qualité est un peu inégal d’un vin à l’autre. Pour ma part j’ai été séduit par les vins de chardonnay, riesling, pinot noir et cabernet sauvignon.

Mes visites à Flat Rock Cellar, Coyotes Run et Tawse Winery ont été de belles découvertes notamment pour la variété de pinots noirs. Thirty Bench, Cave Spring Cellar et Pillitterri sont mes coups de cœur pour le riesling.